NEO-COLONIALISME EN KANAKY

Vous trouverez ci-dessous un article sur la Kanaky paru dans

Courant Alternatif n°93 (novembre 99), pages 15-17 :

 

KANAKY : LUTTE DE CLASSE SOUS STATUT NÉO-COLONIAL

Le 21 avril 1998 était signé l'accord de Nouméa entre l'Etat français, le RPCR (Rassemblement pour la calédonie dans la république) et le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste). Quatorze ans après la création de ce front indépendantiste et dix ans après le massacre de 19 Kanak à Ouvéa qui débouchait sur les accords de Matignon-Oudinot, un nouveau statut était donc censé régler la situation de cette colonie française du Pacifique-Sud.

 

UN STATUT COLONIAL POUR PRÉSERVER LA PAIX SOCIALE

A la signature de l'accord de Matignon-Oudinot en 1988 (1) , outre des mesures "de rééquilibrage" (routes, hôpitaux, écoles, électrification, formation de cadres) en faveur des tribus Kanak, un redécoupage administratif donnait deux régions (Iles et Nord) sur trois aux indépendantistes et prévoyait un référendum d'autodétermination dix ans plus tard, soit en 1998. Ce dernier point a été rendu caduc par l'accord de Nouméa du 21 avril, les deux bords appelant conjointement à voter "oui" à sa ratification. Le 8 novembre 98, 51,9 % des inscrits entérinaient ce énième statut colonial, avec près de 26 et 53 % d'abstention en provinces Nord et Iles (peuplées à 80 % de Kanak) et 29% de "non" en province Sud (qui comprend Nouméa et 80 % des européens du Territoire). Les uns promettaient que ce statut était un premier pas irréversible vers l'indépendance, les autres qu'il permettrait de conserver cet archipel de 200 000 habitant(e)s dans le giron français.

En fait, l'accord de Nouméa consiste seulement en une vaste décentralisation, certains domaines revenant immédiatement à la Kanaky (commerce extérieur, droit du travail, formation professionnelle, enseignement primaire, domaine public maritime,...), d'autres devant lui revenir au cours des dix prochaines années (droit civil et commercial, droits de la propriété foncière, enseignement secondaire, état civil,...). Le tout est bouclé en préambule par une reconnaissance officielle des torts causés aux Kanak par la colonisation et à la fin par un référendum d'autodétermination aux alentours de 2020 ! D'ici là, la France conserve bien entendu l'essentiel de ses prérogatives, l'armée et la police, la monnaie et la justice. Entre temps, le pays sera dirigé par un Congrès issu d'élections provinciales ainsi que par un conseil coutumier (consultatif) et est doté d'un gouvernement local, habilité à voter des "lois du pays".

Au niveau législatif, le Congrès français (qui réunit Assemblée nationale et Sénat) a annexé le 6 juillet 1998 l'accord de Nouméa à la Constitution de 1958 et le 21 mars 99, deux lois qui précisent l'accord sont entrées en vigueur (2) . Au niveau local, le Congrès a été renouvelé le 9 mai 99 et le RPCR conserve sa majorité absolue (24 élus sur 54 à lui tout seul) (3) , en s'appuyant cette fois sur une scission du FLNKS (la Fédération des comités de coordination des indépendantistes, FCCI) qui regroupe une partie des cadres du Front au pouvoir dans la Province Nord et écartés pour cause de gestion douteuse. De la même façon, lors des votes au Congrès pour désigner les membres du gouvernement local le 28 mai 99, le FLNKS s'est retrouvé minoritaire, la coalition pro-française ne lui laissant que quatre postes sur onze ("équipement", "affaires coutumières", "culture, jeunesse et sports" et "protection sociale et santé"). Elle a même accordé la vice-présidence à la FCCI, pour bien montrer ce que signifiaient les mots "partenaires de l'accord de Nouméa" au FLNKS. Depuis, ce dernier se plaint sans cesse de la mainmise du RPCR sur le territoire et menace de quitter le gouvernement.

A croire que les dirigeants du Front ont réellement cru en la sincérité de leurs ennemis d'hier et qu'un rapport de force en faveur de l'indépendance se construisait dans les institutions, stratégie dominante du FLNKS depuis 1988 avec la conquête du pouvoir économique (capitaliste) !

 

LUTTE DE CLASSE EN KANAKY

Certes l'Etat pour 400 millions de francs a fait construire le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou (Eloi Machoro (4) , ça sonnait faux ?), certes il transfère massivement des fonds aux communes et régions gérées par les indépendantistes, ce qui leur a notamment permi d'acquérir la première société exportatrice de nickel et d'arracher le droit de bâtir une usine de transformation de ce minerai dans le Nord, et fait des déclarations solennelles de mea culpa. Cependant, il n'est jamais question de transformer l'économie capitaliste de rente (transferts publics, importations et nickel), mais plutôt de la faire cogérer un peu plus par des Kanak qui colorent la bourgeoisie locale. Le taux de chômage officiel de 18 % est bien plus élevé en tribus et le manque de logements en ville reste criant alors qu'on a jamais vu autant de villas construites et que le bétonnage prolifère. Peut-être est-ce une coïncidence que Nouméa soit jumelée avec une ville de la Côte d'Azur, Nice, et que sa gestion ait tout à voir avec celle de Jacques Médecin ?

Et peut-être est-ce un autre hasard qui fait qu‚alors que des familles s'entassent à une dizaine dans un F3 et que d‚autres squattent des cabanes sur des terrains vagues dans des conditions précaire, la multinationale Disney (via sa filiale Sea Park International), prévoit pour 300 millions de dollars de construire une marina de 250 places, un hôtel de 250 places, 195 bungalows sur pilotis et 90 sur terre, un «fitness center», un golf de 18 trous et une «piscine paysagée» à Païta, en banlieue de Nouméa et qu‚un veste centre commercial vera le jour début 2000 dans la Baie des Citrons, toujours à Nouméa... ?

L'emploi est ainsi devenu un enjeu et sa protection à travers des mesures de préférence locale un slogan de plus en plus partagé (et lancé au départ par le syndicat USTKE, union des syndicats de travailleurs kanak et exploités). L'accord de Nouméa en son point 3.1.1 précise ainsi que "pour les salariés du secteur privé et pour la fonction publique territoriale, une réglementation locale sera définie pour privilégier l'accès à l'emploi des habitants". Cette vision nationaliste, à l'inverse d'une vision de classe (quid des vanuatais clandestins, des wallisiens désormais plus nombreux en Kanaky que sur leur île,... ?), a déjà trouvé une douloureuse application le 22 mars 98. Ce jour-là, les gendarmes mobiles ont tiré à bout portant sur des boat-people chinois réfugiés depuis 36 heures sur le toit d'un centre de rétention. Résultats : 9 blessés par balles dont deux grièvement. Arrivés par bateaux les 4 et 17 novembre 97, ces 110 chinois furent accueillis par des manifestations hostiles animées par l'USTKE (5) mais durent tout de même être libérés du fait de l'illégalité des centres de rétention, celui-ci étant installé dans une gendarmerie désaffectée.

On notera que depuis cette date, le gouvernement de la gauche poubelle a modifié cela par décret et que les centres de rétention pour immigrés sont désormais légaux en Kanaky, avec au passage l'attribution de tous les pouvoirs au haut-commissaire (préfet), celui de l'OFPRA comme celui du ministère de l'intérieur, et le passage de la durée légale en centre de 12 jours à 18 jours (6) .

Parallèlement, l‚USTKE est capable de mener des luttes importante dans les entreprises. Créé en 1982, ce syndicat regroupe aujourd'hui non plus uniquement des Kanak mais compte aussi des wallisiens et des européens dans ses rangs. Dirigé par les frères Uregei depuis sa fondation (ce qui lui confère notamment son aspect stalinien), il est à la fois le seul capable de faire face à la bourgeoisie européenne et celui qui comporte nombre d'ambiguïtés quant à ses pratiques. Son secrétaire général, Louis Kotra Uregei est en effet aussi le patron de la SODIL (société de transport des Iles loyautés) et a affrété le 20 décembre 98 un bateau de fret de 1500 tonnes, le Laura II, afin d'effectuer du transport de marchandises interîles. De même, l'USTKE a pris en cogérance avec la Lyonnaise des Eaux la société de maintenance aéroportuaire de Nouméa.

Mais à l'inverse, c'est aussi le principal animateur des conflits sociaux de Kanaky et ce syndicat, signataire des accords de Matignon mais pas de Nouméa, est capable de lutter sans concessions lorsqu'il le souhaite. Pour cela, il utilise son fonctionnement fédéraliste qui fait appel aux syndiqués d'autres secteurs pour soutenir un conflit sectorisé.

Exemple. Le 2 septembre 99, l'USTKE observe un arrêt de travail de 20 minutes durant l'émission Palabres sur RFO (réseau france outremer, qui comprend télé et radio) dont l'invité était Alain Descombels, le leader de la FPME -Fédération des petites et moyennes entreprises-. Ce syndicat patronal est en effet composé de petits patrons ultra-libéraux sur le modèle de la CDCA en France et n'hésite pas à employer tous les moyens pour licencier et briser les grèves. Le 27 septembre, trois membres de l'USTKE-RFO sont mis à pied respectivement un mois, trois semaines et quinze jours pour cette interruption de programmes. Le 5 octobre, l'USTKE engage une grève illimitée et pendant 5 jours, c'est écran noir et radio muette sur le territoire pour cette entreprise d'Etat. Le piquet de grève qui condamne l'accès au bâtiment est renforcé par des membres d'autres secteurs, tous demandant la levée des sanctions. A partir du 6, plusieurs secteurs sont touchés à tour de rôle par des débrayages de solidarité (blocage des hypermarchés Géant et Continent puis des entreprises de BTP et du port et de l'aéroport). La grève fut suspendue le 11 octobre puisque Louis Kotra Uregei rencontrait à Paris le directeur de RFO, André-Michel Besse, pour négocier. Enfin, le 15 octobre 99, un accord était conclut qui suspendait les sanctions en attendant une décision de justice et précisait que RFO veillera à «une présence plus significative de la culture kanake sur ses différentes antennes et engagera des actions volontaires afin de suppléer aux insuffisances structurelles du milieu éducatif et social, poursuivra la politique de rééquilibrage en favorisant la formation et l'embauche de jeunes issus du Territoire, en particulier la promotion de cadres kanaks ».

Du 29 septembre au 10 octobre 98, une grève avait également privé de télévision pendant 13 jours les habitant(e)s du territoire. Cette fois, l'USTKE avec l'appui de la CGT et de FO avaient obtenu satisfaction sur des reclassements, la formation et des embauches. Cette grève finit à quinze jours de la campagne pour le référendum de ratification de l'accord de Nouméa comme celle de 1999 se conclut à deux mois de la table ronde patrons-syndicats-gouvernement. En 1994, une réunion identique avait vu l'USTKE en être écartée. L'USTKE est donc capable de durcir les conflits (écran noir pendant près de 15 jours) mais se place aussi dans une optique stratégique à plus long terme. En effet, force est de constater à l'exemple de la CGT dans la presse ou les ports, que chaque fois qu'il domine, ce syndicat tend à imposer un monopole d'embauche qui passe par ses bons soins. Ainsi, le 11 juin 99, une cadre USTKE (rédactrice-adjoint radio) de la station a été condamnée à 11 000 francs d'amende pour avoir écarté une pigiste qui avait le tort d'être réunionnaise (donc non calédonienne, référence à la préférence locale) et proche du syndicat rival l'USOENC -union des syndicats d'ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie, proche de la CFDT et dominante en Kanaky avec par exemple un poste au conseil économique et social pour Gaston Hmeun-.

Cet autre syndicat, qui s'est développé à partir des mines de nickel, mène également parfois des luttes très dures face à un patronat intransigeant et colonial -le profit maximal sous le soleil, c'est tentant !. Le 25 mai 99, l'USOENC bloque deux sites abritant les entreprises Cellocal, Sofaplast et Sotrapa (sociétés fabriquant et distribuant des produits à base de papier) en réclamant une harmonisation des salaires et un intéressement aux résultats. En 1995 déjà, ces revendications avaient été portées à la connaissance des dirigeants de ces entreprises qui appartiennent à la mafia locale de Jacques Lafleur (président du RPCR, de la Province Sud et député) via ses enfants qui en sont les gérants. Les négociations échouent les unes après les autres et l'USOENC durcit ses positions. Le 11 juin, il bloque les accès routiers à Nouméa, le 25 juin un des sites est débloqué par l'intervention musclée du SLUA (Syndicat libre unité action proche du RPCR, créé en 1998, dont la leader fut exclue de l'USOENC en 1995) et les patrons licencient les 40 salariés grévistes. La justice bien entendu ordonne le libre accès aux entreprises. Par deux fois, les forces de l'ordre évacuent le piquet de grève, qui s'installe à nouveau. Le 8 juillet, l'USOENC, l'USTKE, la Fédération des fonctionnaires et FO organisent une manifestation sur le thème de la défense des libertés dans l'entreprise. Le 28 août, l'USOENC bloque l'ensemble de la zone industrielle de Nouméa, Ducos (près de 10 000 salariés y travaillent), et là encore le SLUA intervient, cette fois avec un bulldozer, pour forcer les barrages. Les gendarmes l'en empêcheront à la dernière minute et font elles-mêmes la sale besogne le lendemain matin. Le 31 août, un protocole d'accord est signé qui prévoit le reclassement des 40 salariés licenciés pour faute lourde (blocage des entreprises) avec à la clé les indemnités légales de licenciement et une prime de 13 750 francs à chacun(e) ! De plus, l'Etat et le territoire verseront 1,3 millions de francs au titre de "mesures individualisées d'accompagnement social et d'aides à la formation". En Kanaky comme en France, les salariés obtiennent rarement la réintégration, mais plutôt de l'argent pour dégager (7).

 

LE FLNKS HORS COURSE ?

Déjà divisés avec l'aide du RPCR par la scission qui a conduit à la création de la FCCI en décembre 97, affaiblis par la seule obtention de strapontins à la direction du Congrès du territoire (organe législatif) et au gouvernement (organe exécutif) avec 4 ministères sur 11, le FLNKS réagit à peine sur les conflits sociaux. Mais il est vrai qu'on ne peut à la fois faire du "développement" ou signer des accords avec les représentants de la bourgeoisie européenne et s'engager à fond dans les luttes sociales... Car si ici nous n'en citons que quelques unes, emblématiques avec un patronat soutenu par la justice face à des grévistes bloquant les accès à l'entreprise (au moyen de piquets de grève, barrages et cadenassages), on en recense pas moins d'une dizaine par mois, ce qui est énorme compte tenu du nombre d'entreprises. Alors que le FLNKS se contente de communiqués de presse qui demandent... des négociations, en face Lafleur ou Jean Lèques (maire RPCR de Nouméa et désormais président du gouvernement local) multiplient comme la Fédération patronale ou la FPME les déclarations incendiaires et mobilisent leurs troupes (comme le syndicat SLUA). Ainsi, on ne compte plus les accusations du RPCR à l‚encontre des grévistes sur le thème du "terrorisme syndical" ou de la "trahison de l'accord de Nouméa" qui était censé apporter la paix sociale. Lafleur précise même que "le droit du travail, c'est nous l'année prochaine. On fera les réformes qu'il faut pour que les syndicats respectent les lois et on les y contraindra" (8) ... Ou comment le FLNKS renonce à l'indépendance immédiate et sans conditions, obtient puis cautionne des institutions dominées par le RPCR qui s'en sert pour renforcer sa mainmise sur la Kanaky et bientôt comme un instrument de répression syndicale !

L'avenir du territoire se joue clairement aujourd'hui plus sur le terrain syndical et social (9) que politicien. Finalement, ces problèmes qui touchent à l'emploi renvoient en fait à l'intégration de l'économie calédonienne dans le système capitaliste, sur laquelle le FLNKS n'a jamais été clair. Qu'il s'agisse des Kanak en tribus qui touchent les miettes de l'aide au développement ou des Kanak à Nouméa qui vivent un salariat de plus en plus dur, la lutte pour l'indépendance passe donc plus que jamais par la lutte de classe... à la différence près qu'il ne s'agit plus uniquement de travailleurs Kanak indépendantistes face à des patrons européens pro-français du fait de l'émergence d'une bourgeoisie kanak (le patron local intransigeant de RFO qui en 1998 a affronté l'intersyndicale USTKE-CGT-FO était un Kanak, Wallès Kotra) et d'un salariat wallisien et européen moins inféodé au RPCR.

 

Archibald, le 18/10/99

 

1 - Voir "Kanaky, un bilan du néocolonialisme", OCL, mai 1998, 82 p.

2 - Loi organique, n°99-209 du 19 mars 99 (JO n°68 du 21/3/99, p4197) et loi ordinaire, n°99-210 du (JO n°68 du 21/3/99, p4226 ). Le conseil constitutionnel (décision n°99-410 DC du 15 mars 99) ayant invalidé un article ayant trait au corps électoral habilité à voter aux futurs référendums d'autodétermination, une loi vient de repréciser ce point (loi adoptée le 12 juin 99 par l'Assemblée nationale et votée à l'identique le 12 octobre par le Sénat). Elle restreint le corps électoral, conformément à l'accord de Nouméa, aux seules personnes qui ont pu voter à celui de 1998 - et à leurs descendants alors mineurs-. C'était une revendication du FLNKS afin que les immigrés en provenance de France ne rendent pas éternellement les Kanak minoritaires au point de vue électoral et ne puissent décider de l'avenir du pays. En dix ans, entre les accords de Matignon-Oudinot et celui de Nouméa, près de 15 000 personnes se sont installées, sur une population de 200 000 personnes.

3 - Le FLNKS est parti divisé à ces élections, le Palika présentant des listes séparées... et remportant la Province Nord. Dans les Iles, l'UC prend la présidence à la coalition RPCR-LKS (parti "indépendantiste" non membre du Front). Par ailleurs, pour la première fois trois femmes sont élues, dont Déwé Gorodey -poétesse- et Nicole Waïa -animatrice de radio Djido-.

4 - Leader indépendantiste qui s'était emparé de la gendarmerie et du village riche en nickel de Thio fin 1984 et abattu le 12 mai 1985 par le GIGN.

5 - Voir "Kanaky : xénophobie et lutte de classe" in Cette Semaine (BP 275 - 54005 Nancy cedex) n°71, 12/97-1/98, p 10-12.

6 - Décret n°99-511 du 21 juin 99 relatif à l'asile en Nouvelle-Calédonie (JO n°142 du 22/6/99, p9144). Voir aussi sur cette question la revue du Gisti, Plein droit n°43, septembre 1999.

7 - Une exception récente toutefois, l'USTKE a obtenu la réintégration d'un salarié fidjien de l'hôtel Poé Beach à Bourail le 7 septembre 99. Les cinq autres qui avaient bloqué l'hôtel en solidarité une heure en mai (et donc licenciés !) ont été à leur tour réintégrés le 6 octobre 99.

8 - Entretien dans les Nouvelles Calédoniennes, 28/8/99

9 - Les magouilles immobilières sont tellement grosses qu'Henri Lafleur, troisième adjoint à la mairie de Nouméa chargé de l'urbanisme, administrateur d'une société d'économie mixte et porteur de parts dans une boîte immobilière a vu requérir contre lui le 9 octobre 99 par le procureur un an de prison avec sursis pour ingérence. Dans cette affaire de la Baie de la Moselle, un des opposants au projet qui prévoit d'expulser les habitantEs pour bâtir du neuf en face du port, le président de l‚association Environnement et Liberté, Bruno van Peteghem, a vu son garage brûler en novembre 1998 et sa maison être ravagée par les flammes la nuit du 31 décembre 98. La police a constaté trois foyers de départ de feu...