COMMUNAUTE OU SOCIETE ?


Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, dans les villes, dans les banlieues, dans nos villages, l’univers social est marqué par une montée en puissance très prononcé de la communauté. Particulièrement en Corse chez les plus jeunes, doubles héritiers de nos traditions, et influencés par la version médiatique et spectaculaire de la société marchande et acculturée. En effet la communauté n’est pas la société. Nous ne saurions pas vivre sans une communauté de proximité sécurisante dans un espace social plus vaste que jamais : le village planétaire déstabilisant.


Le développement économique du 20ième siècle (en Corse, il s’est peu manifesté) a donné sa pleine légitimité à un espace social permettant à des individus dissemblables de coexister pacifiquement. Excepter évidement ces accidents de l’histoire dont les guerres génocides, dans le siècle qui s’achève détient le très cruel record. Notre espace continue de s’élargir, il est aujourd’hui plus porteur d’angoisses que de promesses. L’adhésion à une culture communautaire (foot, musique, nationalisme romantique) fourni une satisfaction immédiate et l’espérance d’une satisfaction future. Cela s’accompagne d’un rejet des règles sociales qu’assurait la coexistence pacifique des communautés entre elles. Certaines communautés (les jeunes, les bandes armées, les inorganisés, les incontrôlés) adhérent à des pratiques internes autrement plus autoritaires ou tyranniques que celles de la société en marge de laquelle elles ne s’inscrivent plus. Les bandes qui passent fréquemment à l’acte violent dans les banlieues et les faiseurs d’attentats stupides en Corse répondent à cette logique.


Il y a t-il une réelle différence entre le plasticage d’une administration ou les mises à feu du maquis en Corse, avec la destruction d’un abri bus ou le saccage d’un hypermarché ? Les ressorts sont à peu près les même sauf que les jeunes des citées n’ont pas de représentation politique, pas de mosquées, pas de statuts particuliers. Chez nous en Corse la déshérence a un alibi : la cause nationale. Il est déplorable qu’elle ne s’exprime que par des slogans racistes de type, " i Francesi Fora ", ou d’attentas obscurs... C’est d’un manque d’expression politique qu’elle souffre.


Loin de rejeter la communauté, il nous appartient à nous patriotes responsables et unis au sein de notre mouvement de réfléchir et d’agir à la construction d’un espace social identitaire.
Il doit s’élargir en acceptant l'existence de valeurs au-dessus de la communauté qui garantissent la coexistence pacifique et la solidarité au sein d’un même espace social.
La vie dans une société plus juste et bien organisée pour autant qu’elle soit indispensable n’est pas moins difficile. La crédibilité de l’éthique du vivre ensemble suppose une promesse politique forte. Nous devons la formuler autant pour les banlieues que pour l’avenir de notre pays, la Corse …avant que les faiseurs de rêves s’exorcisent de leurs cauchemars, et que les poseurs de bombes et intégristes de la pire espèce, n’occupent l’espace.


Guidu Antonietti, le 8 octobre 2001