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LOI LITTORAL : LE HOLD-UP DU SIECLE On assiste actuellement en Corse à une curieuse croisade de fin de siècle. L'ennemi désigné : "le cadre restrictif de la loi littoral". Une machine de guerre formidable allant de la classe politique traditionnelle aux organisations patronales en passant par quelques dirigeants nationalistes s'est soudainement mise en place contre une loi qui, rappelons le, est censée protéger le littoral et en garantir le libre accès public. Même le premier ministre a parlé, lors de son discours à l'assemblée de Corse "d'adaptation de la loi littoral". Que se passe-t-il ? La lutte contre la spéculation immobilière, revendication première des luttes des années 70 et 80 serait-elle tombée en "Amnésia" ?
Quant à la position de L'Etat sur ce dossier, elle n'est pas très lisible, c'est le moins que l'on puisse dire. Alors que l'on focalise sur les paillotes en laissant des barbouzes entrer en action, dans le même temps on évite bien d'inquiéter certains intouchables, et ils sont nombreux sur le littoral. Pas même une tracasserie administrative ou judiciaire concernant , par exemple, le port en dur de Mr Jean D'ormesson construit en toute illégalité sur le domaine public marîtime du côté de St Florent ! Y aurait-il deux poids deux mesures ? Cherche-t-on à donner des arguments aux petits propriétaires en infraction, en protégeant les gros ? La situation est, pour l'observateur averti, on peu plus claire. L'heure est au tout tourisme et surtout à un certain type de mise en valeur des côtes corses. Les paillotes ne sont que quelques buissons qui cachent la forêt. Un nouveau hold up historique est en train de se jouer en Corse. Au XVIII siècle les notables ruraux s'étaient attaqués aux terres communales gérées collectivement, la vente des biens "nationaux" a permis à certaines de ces familles de faire fortune en spoliant les paysans. Aujourd'hui, on assiste à une nouvel offensive contre les biens collectifs, mais contre la bande littorale cette fois. La démarche n'est pas exactement la même. D'une part les forces clanistes voient là l'opportunité de donner quelques perspectives économiques à leurs clientèle habituelle. D'autre part, des corses issus d'horizons politiques divers sont prèts à servir de relais locaux à de puissants investisseurs étrangers. Certains réseaux, ayant "pognon sur rue" dans certains pays africains, cherchent des zones de repli pour pouvoir blanchir des capitaux dont les montants pourraient donner le vertige à tous les Rmistes corses. Tout est donc mis en oeuvre pour tisser des alliances de circonstance sur place et abattre la loi littoral. Les arguments avançées frise parfois le ridicule : 1 ) La loi littoral empêche toute activité économique. 2 ) Les emplois créés par les paillotes sont menacés. 3 ) La paillotte c'est une tradition. (voir dépliant largement diffusé par la S.N.C.M) Et la campagne générale d'intoxication ne s'arrête pas là puisque dans un communiqué réçent du regroupement patronal "Cors'ecunumia" on a pu lire que des maisons ancestrales étaient menacées par la loi littoral, comme si une loi votée en 1986 pouvait être rétro-active. On prend vraiment les gens pour des imbéciles. L'heure est donc à la mobilisation pour tous les corses attachés à leur patrimoine collectif et à la préservation de leur environnement, une pétition pour la défense de la loi littoral, à l'initiative d'une quinzaine d'associations circule. A Manca Naziunale est partie prenante dans cette campagne. Dans un prochain dossier, nous traiterons du Tourisme en corse ( Politique, Effets induits, etc...).
Collectif. |