CUNTRASTU
Un débat avec Ribellu.com
1 ) L'article critique de Ribellu.com sur les positions d'A Manca Naziunale.
RIPOSTA A A MANCA NAZIUNALE
Après lecture faite de larticle de la Manca Naziunale dans le Corsa Matin du 3 juin 2001, une analyse simposait :
Ces derniers semblent déçus par les résultats obtenus à lissue des débats sur le statut de la Corse à lassemblée nationale française. Fort est de constater quils devaient être absent quand les élus territoriaux avaient précisé en juillet 2000 que la première phase de Matignon ne nous apporterai rien, mais quelle nétait quun tremplin vers la deuxième phase dite de « 2004 ».
Jean-Toussaint Plasenzotti précise ensuite « que le processus de Matignon ne saurait en aucun cas, constituer une amorce de solution politique » !! Ce dernier aurait-il déjà entendu parler de létape de 2004 ? Il semble pour ma part que transférer le pouvoir législatif à notre assemblée de Corse constitue au contraire lamorce de LA solution politique, et une étape décisive dans laccession à la souveraineté. La solution politique, pour la Manca, serait la création dune Assemblée Nationale Provisoire, proposée en son temps par le regretté Marcel Lorenzoni et le PPI. Sur ce point, ils rejoignent lopinion du parti Indipendenza, qui la déjà proposée à lensemble du mouvement national au cours dune réunion à Corti dUnità il y a quelques jours déjà.
Je minterrogerais pourtant différemment sur le sujet :
Je rejoins bien évidemment lavis majoritaire allant dans lidée de la création de cette assemblée, mais souhaite en revanche lattention sur certains point qui minterpellent : la création de cette assemblée ne pourra se faire que par le vote de militants, lorganisation délection nationale semblant être compromise en terre colonisée, et ne sera donc pas légitimé par le peuple, alors que sa fonction est de le représenter ! De plus, la création de cette assemblée devrait dans la logique conduire à la création dun gouvernement provisoire, qui du fait de son statut de gouvernement révolutionnaire devrait pour accomplir sa tâche sexiler à létranger. Notre mouvement a-t-il les moyens financiers de le faire ? Avons nous pensé aux sommes colossales nécessaires à la survie de notre gouvernement provisoire dans un pays ami ?
Alors oui, oui je rejoins la volonté générale de constituer une Assemblée Nationale Provisoire que je qualifierais de constitutive, si lon mapporte la preuve que nous avons les moyens financiers et militaires (car il faudra bien faire appliquer les lois que nous voterons)de le faire et que nous trouvons un moyen de faire parler en notre faveur lensemble de la communauté de destin, du moins lensemble des personnes qui désirent y appartenir. (dans son ensemble et non le « peuple corse en lutte » dont parle la Manca).
En revanche, je les rassurerais sur la question du littoral, en leur rappelant « linterdiction de construire dans les sites remarquables et le gel total de la bande des 100 mètres sur lensemble du littoral jusquen 2004 » décrétée par le FLNC le 31 mai dernier, ce dernier nayant pas attendu les accords de Matignon pour prendre en main la défense de nos intérêts, mais ayant investit ce terrain de lutte sans discontinuer ces vingt dernières années.
A LIBERTA O A MORTE ! SCEGLIE A TO SORTE !
U Webumaestru
Stefanu
2 ) La réponse di u Muvimentu di a Manca Naziunale
RISPOSTA DI A MANCA NAZIUNALE À L'ARTICULU DI U RIBELLU : MATIGNON ET L'A.N.P
En tant que porte parole de A Manca Naziunale lors de la conférence de presse du 2 juin dernier je me dois d'apporter quelques précisions aux approximations de votre article 1 sur votre site U RIBELLU.
La première précaution à prendre (pour éviter les erreurs d'interprétation) est de ne pas se fier aux articles de CORSE-MATIN, qui sont souvent des commentaires du journaliste qui se déplace, mais d'aller à la source. Nous avons donné ce jour-là le texte intégral au correspondant du RIBOMBU, de plus il figure en intégralité sur notre site.
* LE PROCESSUS DE MATIGNON
Nous ne sommes pas "déçus par la première phase des accords de Matignon", nous ne pouvons avoir aucune sorte de déception sur un processus que nous n'avons pas initié, sur lequel on ne nous a pas demandé notre avis et que nous ne négocions évidemment pas. Pourtant notre avis nous le donnons tout de même et nous avons émis dès le début des réserves sur le fond et sur la forme.
Je ne vais pas les rappeler ici mais je renvois les lecteurs à notre site où figurent toutes nos positions sur cette question.
"L'étape" de 2004 nous la connaissons bien et elle nous renvoie au douloureux réveil des KANAKS (lire l'entretien accordé au site AMNISTIA par le président du FLNKS Roch WAMYTAN) à propos de LEURS ACCORDS DE MATIGNON.
Nous persistons à affirmer que" les accords de Matignon" ne sont pas une solution politique, tout simplement parce que ce n'est pas LE MOUVEMENT NATIONAL qui les a négocié, et les conditions de leurs applications sont SOUMIS au bon vouloir de l'État Français et de ses représentants en 2004. Aucune garantie n'est donnée pour 2004 et TOUT LE MONDE LE SAIT ( lire l'intervention de M. Brignole à la fin de la manifestation du samedi 28 juin, qui demande à l'Etat Français "de reitérer ses engagements" ...lesquels???).
* L'ASSEMBLEE NATIONALE PROVISOIRE
Il me faut rétablir une vérité concernant ce concept d'A.N.P qui demande à être approfondi.
Ce n'est pas le pauvre M.Lorenzoni qui en a été l'initiateur mais A CHJAMA PÀ L'INDIPENDENZA È U SUCIALISIMU ( à laquelle appartenait, avec d'autres, plusieurs militants actuels de A MANCA NAZIUNALE) et ce dès la fin de 1988 ( je renvois les gens intéressés aux numéros 13 ( 01/1989) et 14 (02/1989) du journal A CHJAMA et à ceux qui ont bonne mémoire de se rappeler que cette proposition avait été faite lors des "GHJurnate Internaziunale"du 5 août 1988. C'est A MANCA NAZIUNALE qui a popularisé ce concept au cours de conférences de presse, de journées au couvent de A Casabianca et de rencontres avec le P.P.I et d'autres organisations. Que le P.P.I et INDIPENDENZA l'ai repris à leur compte, que d'autres s'y intéresse démontre qui est plus que temps d'avoir une discussion générale sur la question.
Mais si déjà se dégage "un avis majoritaire"(étonnant, non?) sur l'A.N.P, il faut explorer la question sous tous ses angles et commencer à penser à sa mise en oeuvre. MAIS IL EST FONDAMENTAL DE NE PAS EN DÉNATURER LE SENS PROFOND CE QUI AURAIT POUR EFFET DE LUI ENLEVER SON CARACTÈRE RÉVOLUTIONNAIRE.
CE QUE N'EST PAS L'A.N.P :
- un nouveau parti.
- une coalition de partis.
- l'expression du vote des seuls militants.
CE QUE DOIT ÊTRE L'A.N.P :
- l'expression publique de la Nation Corse en lutte, ce qui signifie qu'elle dépasse le simple ajout de partis pour représenter toute la Nation dans sa diversité présente et à venir.
- elle est fondée sur le principe "un homme une voix", ce qui veut dire que la liste électorale nationale est ouverte à tous ceux (militants ou non) qui se reconnaissent dans la volonté de construire la Nation Corse( communauté de destin naturelle): ceux sont les électeurs nationaux.
- elle est élue par électeurs nationaux sur la base de la proportionnelle intégrale à un tour ( seuls les électeurs nationaux peuvent présenter une liste).
- l'assemblée nationale élue est chargée de parler au nom de la Nation Corse (édicter des lois, signifier des interdictions...) sur le territoire national et être sa légitime représentation à l'extérieur (autres états, organismes internationaux...).
- sa légitimité est fondée sur son caractère démocratique : "un homme une voix".
- elle permettra naturellement la libre expression des partis et mouvements, la permanence de ceux-ci garantie la vie démocratique de la Nation.
EN RÉSUME: -on peut être électeur et même élu à l'A.N.P ( il pour cela présenter une liste) sans être dans un parti.
-les nationaux, les organisations ont le droit d'être en désaccord avec une décision de l'A.N.P et le faire savoir , mais toute décision de l'A.N.P s'applique à tous.
- l'A.N.P représente la Nation Corse dans sa diversité d'idées et de sensibilités.
- l'A.N.P EST UNE CONSTITUANTE.
* LES QUESTIONS QU'ON PEUT SE POSER :
POURQUOI L'A.N.P MAINTENANT ? : Parce que l'UNITE de la Nation est une condition indispensable pour vaincre.
Parce que la DÉMOCRATIE est la condition essentielle de la vie de la Nation présente et à venir.
Parce que l'UNITE et la DÉMOCRATIE sont les éléments qui fondent LA LÉGITIMITÉ DE LA NATION ET DE SES REPRÉSENTANTS.
AVEC QUELS MOYENS ? : Les moyens que nous nous donnerons. C'est à dire ceux que, TOUS ENSEMBLES, nous choisirons de nous donner.
La question de son financement est secondaire, mais on peut penser instaurer, à cours terme, un impôt révolutionnaire, ce qui veut dire que chaque patriote apporterait sa contribution financière à la construction nationale en fonction de ses ressources. D'autres moyens économiques sont à envisager, chacun devra faire des propositions.
Il ne faut pas exagérer le coût de l'A.N.P, surtout au début, il nous faut répondre politiquement à un problème stratégique pour notre avenir.
Un gouvernement provisoire peut s'envisager à terme sans que cela soit un obstacle pour l' A.N.P, les albanais du Kosovo avaient des institutions parallèles qui fonctionnaient, l'opposition britannique (travaillistes ou conservateurs) ont souvent "leur gouvernement provisoire"(le cabinet fantôme) sans s'abriter ailleurs qu'en Grande-Bretagne...
Et les moyens militaires???: soyons sérieux entre nous , la question nationale corse n'est pas une question militaire, et rien n'arrête un peuple qui se met en mouvement.
LA GRANDE TÂCHE QUI DOIT MOBILISER NOTRE ÉNERGIE C'EST DE CONVAINCRE, PAR LES MOTS ET PAR LES FAITS, NOTRE PEUPLE DE LA JUSTESSE DE NOTRE COMBAT.
L'ASSEMBLEE NATIONALE (PROVISOIRE ) EST LA RÉPONSE LEGITIME AU DÉFI QUE NOUS NOUS SOMMES LANCE DE DONNER UN DESTIN NATIONAL A NOTRE VIEUX PAYS.
NB: L'analyse de ce qu'a été le FLNC et de ce qu'il est aujourd'hui est une autre question, mais il est certain qu'aucune de ses déclaration ne peut nous rassurer en quoi que ce soit, le peuple corse ne se libérera jamais par procuration.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Notre première évocvation publique de l'ANP : Mars 1998 (Programme Elections Territoriales)
Notre premier positionnement public sur la question du littoral : 27 décembre 1998 (Avant Matignon ...)