Plusieurs centaines de personnes ont marché sur Piantaredda le 24 juin dernier et se sont réapproprié pacifiquement l'usage du sentier littoral sur le Green du golf de Sperone.

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Ce succès populaire pour le 'collectif loi littoral' n'a pas manqué de suscité quelques crispations tant chez les représentants du Capital que de celui de l'Etat en Corse.
Suite à une conférence de presse du préfet Lacroix mettant en cause l'exactitude et la pertinence de ce que "Prétendent" les membres du collectif, une lettre ouverte lui a été adressée :
Le 27 juin 2001
à Monsieur le Préfet de Corse
Objet : Piantarella Sperone - Lettre ouverte
Monsieur le Préfet,
Votre conférence de presse relative à la manifestation organisée sur le site de Piantarella le dimanche 24 juin, appelle de la part du collectif pour la Loi Littoral des observations majeures :
1 Selon vous l'ensemble du site ne serait pas remarquable
Alors le Commissaire du Gouvernement (dont le rapport précède le jugement des Tribunaux administratifs) se serait trompé lorsquil écrit : Il mapparaît que .. le site de Piantarella est unique et certainement au moins caractéristique du littoral corse, sinon remarquable. Rien dans la topographie nautorise à séparer le sommet des coteaux dominant la mer du pied de ces coteaux, cest-à-dire le rivage et les étangs. Cet ensemble appartient à une région classée comme grand site naturel dans un des documents graphiques du Schéma dAménagement de la Corse. Son rivage appartient à la réserve naturelle des îles Lavezzi. Les photographies produites montrent un site encore essentiellement naturel. Et enfin, la présence des deux étangs et lexistence à proximité dune ZNIEFF de type 1, ce qui suffit à qualifier cette zone dexceptionnelle au sens du schéma daménagement, finissent de faire du site de Piantarella un site au moins caractéristique du littoral corse. (fin de citation).
Ces zones NA des Collines et du Hameau de Piantarella sont donc bien des espaces remarquables et donc inconstructibles au regard de la Loi. Tous ceux qui connaissent la zone nen doutent dailleurs pas. Et lhistorique qui suit démontre la responsabilité accablante de lÉtat qui, en ne remplissant pas sa mission de protection, a favorisé de façon constante les seuls intérêts du promoteur au détriment de la Loi et au détriment de la Corse, puisque "ses" terrains deviennent constructibles.
Cest bien lEtat-Préfet Garsi qui, en 1986, malgré lavis défavorable de la Commission des Sites, a autorisé deux jours avant son départ, les projets de construction de Dewez
Cest bien lEtat-Préfet en place en 1987 (avec la complicité de M. J. Rossi et J.B. Lantieri) qui a empêché le classement en réserve naturelle de tout le promontoire de Piantarella-Sperone (cf courrier du Préfet Thoraval)
- Cest bien lEtat-Préfet (avec les mêmes appuis?) qui na pas mené à terme le classement au titre de la loi de 1930 sur les sites classés pour tout le promontoire.
Cest encore lEtat-Préfet (avec les mêmes appuis?) qui na pas mené à terme le classement en Zone de Protection du Patrimoine Architectural et Urbain en 1990.
Cest toujours lEtat-Préfet (avec les mêmes appuis?) qui na pas mené à terme le classement en Zone Naturelle dIntérêt Ecologique Floristique et Faunistique en 1990 de tout le promontoire.
Les associations nont pas attaqué la décision municipale de 1993. Cest exact. Mais cétait à lEtat-Préfet, officiellement garant des lois de le faire. Cest lui qui est en faute.
Oui Monsieur le Préfet, les associations (et tout le collectif !) souhaitaient que tout le promontoire de Piantarella-Sperone soit inconstructible, se basant pour cela sur toutes les conclusions scientifiques ou paysagères réalisées par les propres services de lEtat, vos services, et sur le bon sens commun.
Vous écrivez que la Cour Administrative dAppel nest pas revenue sur laffirmation faite en 97 de la valeur non remarquable du site. Cela est exact mais vous savez pertinemment que les tribunaux nont besoin dévoquer quun seul moyen dillégalité et nont pas à en rechercher un second. Il ne serait pas honnête d'interpréter leur silence sur les autres points comme une approbation a contrario.
2 Le lotissement des Collines de Piantarella ne serait pas concerné par le jugement concernant Les hameaux de Piantarella.
C'est inexact.
Le jugement en date du 12 octobre 2000 (page 4) concerne la zone INA soit un ensemble de terrains dune surface de 13,30 hectares . Or cest la somme des deux lotissements des collines et du hameau qui fait très exactement les 13,30 ha. Le jugement concerne donc aussi le lotissement des collines . Le même jugement affirme affirme page 4 : Le plan doccupation des sols (de Bunifaziu) est illégal en tant quil crée une zone 1NA admettant de telles possibilités de construction
Quil suit de là que lillégalité qui entache le plan doccupation des sols entraîne celle du permis de construire .
Cest donc bien lillégalité de toute la zone 1NA du P.O.S. qui fait dire aux juges que les immeubles du Hameau de Piantarella sont illégaux. Le lotissement des Collines de Piantarella étant illégal par décision des juges, tous les permis de construire des villas sont conséquence directe - illégaux
Dautres illégalités entachent ce P.O.S. Antérieur à 1986 il na pas été mis en conformité avec la Loi Littoral et le sentier du littoral ny est pas cartographié
Mais bien entendu et comme nous la dit M. Delsol le 23 mars au cours dun entretien à la Préfecture un tiers du lotissement (des collines) étant déjà construit, nous laissons construire les deux tiers restant. C'est là le déni de la Loi.
Quant à la démolition des immeubles, elle reste à votre discrétion. Mais le voulez-vous vraiment ? Vous êtes en Corse depuis suffisamment de temps pour savoir que dans l'esprit des Corses, le massacre du littoral ne saurait connaître de "prescription".
Ainsi, depuis 1961, tous les Etats-Préfets se sont rangés du côté du promoteur Dewez. Vous êtes donc Monsieur le Préfet dans le droit fil. En vous rangeant à nouveau du côté des nantis et contre la protection des grands sites naturels de la Corse, vous continuez à décrédibiliser lEtat de Droit et vous renforcez limage dun Etat rangé du côté des plus forts, voire de leurs intérêts particuliers, au détriment de lintérêt général dont vous avez pourtant la charge.
Cette attitude ne peut engendrer que des effets négatifs. Or vous nêtes pas sans savoir que le Collectif base ses interventions sur le seul domaine des mobilisations publiques. La maîtrise des luttes par le plus grand nombre de personnes est un des éléments qui fonde notre démarche. Le Collectif continuera dassumer pleinement les objectifs quil sest fixés. Aux responsables centraux de lÉtat, dont vous êtes, dassumer les conséquences dune démarche délibérément hostile à une vraie citoyenneté. Léternelle leçon de lhistoire démontre que votre attitude pourrait hélas ouvrir à nouveau la porte à la violence.
A notre grand regret vous nagissez pas pour la Corse mais contre elle. Vous n'agissez pas pour le bien collectif ( ou public ) mais contre lui.