COLLOQUE

DE CARGHJESE

 

C’est à l’initiative de l’association " Euro-Mediterrànea " que se tenait les 9 et 10 octobre derniers un séminaire intitulé : " Territoires solidaires en méditerranée ; Corse-Sardaigne, un trait d’union entre deux rives ". Ces débats s’inscrivaient dans le cadre d’une première Université d’été consacrée aux problématiques spécifiques à l’ensemble " Corse-Europe-Maghreb-Méditerranée ". Comme le précisaient, dans un document préliminaire Mers Jean Casta (président de l’association) et Ridha Tlili (Directeur de l’U.F.R " Mémoire et Identité " de l’Université de Tunis) : " La réflexion à laquelle vous êtes conviés a pour objet de s’interroger sur les fondements d’une dynamique de solidarités entre territoires méditerranéens et de soutenir les projets d’intérêts euro-méditerranéen destinés à illustrer cette dynamique et à la renforcer grâce au concours d’acteurs des deux rives de la Méditerranée et à celui, demain, d’autres îles, d’autres régions, d’autres pays du pourtour méditerranéen".

Les participants et auditeurs pouvaient donc s’attendre à des échanges riches et variés, ce qui fut le cas. Nous retiendrons de ces journées, les interventions de Mr Ravenel écrivain et animateur de la revue " Confluences Méditerranéennes " et de Mr Jacques Orsoni professeur à l’Université de Corti. Ce choix, qui ne doit rien à l’arbitraire, s’explique non seulement par la qualité des exposés, mais surtout par la pertinence des propos. En effet comment tracer les contours de projets ou d’intervention dans cet espace en ne procédant pas à un bilan critique au regard des politiques mises en œuvre par la Communauté Européenne ? Tout aussi pertinent que de s’interroger sur la situation politique propre à l’ensemble Méditerranéen, compte tenu, à la fois, du contexte international actuel et des conflits, bien antérieurs, mais toujours en cours et ce dans quasiment toutes les zones du bassin.


Bernard Ravenel s’est attaché tout particulièrement à démontrer que les responsables de l’Union Européenne ne participaient pas d’une véritable politique (soutenue et inscrite au moins dans les moyens termes) euro-méditerranéenne et ce malgré les engagements pris au travers des multiples colloques et autres conférences passés. Les organisations non-gouvernementales réunies à Marseille ont déjà mis l’accent sur ces carences qui attestent qu’un projet global est en panne. Tout aussi inquiet des tensions internationales de l’heure, il s’attachera tout au long de ses interventions, à inviter les participants de cette université d’été, à un examen lucide et rigoureux afin de re-dynamiser les actions et les initiatives. En cela ses propos rejoignaient ceux exprimés par Jacques Orsoni, extrêmement soucieux pour sa part de l’état politique, économique et social d’un espace méditerranéen ou s’exacerbent des tensions entre un Nord vécu par les populations du Sud, comme la source de leurs propres maux. Il est vrai que ces deux contributions ont posé clairement les données des problèmes rencontrés par toutes celles et ceux, disposés à œuvrer pour des projets de coopération et pour de nouvelles solidarités. L’ombre des évènements du 11 septembre dernier planait donc sur les débats et en tout particulier celle de la riposte des États Unis d’Amérique, lancé dans une improbable opération de " justice ".

Effectivement notre espace est militarisé, quadrillé, et soumis depuis des lustres aux aléas des politiques des puissances occidentales, dont certaines ne peuvent en rien justifier de leur présence au sein du Mare Nostrum. Il le sera d’autant plus au moment même ou d’aucuns se lancent dans une croisade, à peine dissimulée, destinée à assurer la suprématie d’une " civilisation " sur l’ensemble du monde. Les peuples Sardes et Corses sont au cœur d’un espace qui leur est naturel et ils sont néanmoins tenus à l’écart des politiques développées par leurs États de tutelle. C’est précisément à l’occasion de ces échanges que l’on peut prendre conscience, avec une extrême acuité, des enjeux de l’heure, tout en constatant que nous ne sommes en rien les acteurs de cette histoire, ce que nous avons la ferme intention de changer.

Il est manifeste que les participants à cette Université d’été, à l’exception de quelques rares individualités, ont à cœur d’inverser le cours des choses. Toutes et tous ne viennent pas d’identiques horizons : associatifs ou universitaires, parfois les deux dans un même temps, militants politiques, écrivains et chercheurs ont sans doute à conserver leurs originalités et à préserver leurs champs d’interventions respectifs. Ces choix et ces postures doivent être respectés, évidemment par souci démocratique, mais parce que de ces complémentarités naissent des dynamiques vitales. Un courant est passé, fasse que dans un proche avenir cela se traduise par des actions concrètes et des mobilisations d’ensemble.

Pour notre part, l’idée d’une première Assemblée des Peuples de la Méditerranée, dont nous nous sommes faits les promoteurs, semble faire son chemin. Certains parmi nos amis Sardes présents adhèrent à se projet. Alors il est vraisemblable que c’est en collaboration étroite, par des liens renforcés, que nous trouverons ensemble les moyens et la force de faire entendre les voix des peuples privés de tous leurs droits. Un grand merci donc aux organisateurs pour ses passerelles jetées au delà des " frontières ", nous soutiendrons, de toutes nos énergies, leurs initiatives qui permettent au moins des rencontres entre des cultures voisines et des peuples aux intérêts indissolublement liés.


P.S : Nous déplorerons cependant la teneur des propos de Mr Jacques-Henri Balbi, président de l’Università di Corti. Que le plus haut responsable des instances Universitaires en Corse veuille se faire le chantre et le zélateur d’un projet de société, n’est pas en soi d’une grande nouveauté. Le projet de " pôle d’excellence des sciences de l’écologie " mériterait d’être examiné et discuté avec le plus grand sérieux. Il est un peu curieux toutefois que l’outil universitaire soit ainsi mis à la disposition d’une stratégie politique unique, et par définition, plus que partisane. Que des débats hautement politiques traversent les diverses strates de l’Université ne saurait déranger toutes celles et ceux attachés à la confrontation des idées. Dans les faits c’est de tout autre chose dont il s’agit.Du haut de sa chaire, monsieur le Président sait parfaitement exploiter cette tribune qui régulièrement capte les micros et les caméras. C’est donc en tribun et en militant qu’il s’exprime. Pourquoi dès lors n’adhère t-il pas, à moins que ce ne soit déjà fait, à un mouvement politique afin d’assumer dans la transparence la plus absolue une stratégie et un projet de société ?


Sur le fond de l’intervention de Mr Balbi lors de cette université d’été, nous retiendrons qu’il considère la Corse comme un création divine… Qu’il affirme que jamais la lutte des classes n’a été présente au cœur de notre société… Et que la " civilisation de la Méditerranée " est à l’origine de toutes les civilisations… Emanant d’un scientifique la première assertion laisse un peu pantois. La seconde affirmation relève d’une lecture tronquée de notre histoire mais elle est révélatrice d’une forme de pensée proche de certaines idéologies de droite. La dernière " idée " exposée lors de cette intervention doit être combattue avec la plus grande vigueur. Les civilisations Asiatiques, Africaines, Indos-Américaines, pour ne citer que celles-ci, sont apparues de manière très différenciées et parfois chronologiquement antérieures à celles du bassin Méditerranéen. Que des liens et des influences aient vu le jour reste une donnée historique incontestable. Prétendre que " nos " civilisations soient la matrice de toutes les autres, participe d’un exercice dangereux et condamnable. C’est une forme de " pan-méditerraneisme " qui nous est proposé, ce qui n’est pas sans nous remettre en mémoire un pan-latinisme, de bien mauvaise essence.


CONTRIBUTION MANCA NAZIUNALE

Corse-Sardaigne une proposition de projet entre Europe et Méditerranée.
Entre réappropriation d’une histoire, affirmation d’une identité et quête de liens.


De par sa situation géographique, la Corse appartient à l’espace Méditerranéen. Notre planète, la Terre, depuis sa formation a connu des bouleversements. L’homme, dès son apparition, a eu à s’adapter aux conditions qui lui étaient imposées par de multiples et permanentes convulsions géologiques. C’est dire si notre condition d’îliens doit tout à des logiques géophysiques. Notre ancrage au cœur de cette mer, fruit de cette constante évolution, a donc conditionné au fil des âges, notre histoire en tant que parcelle d’une humanité soumise aux lois de la nature. Si notre mémoire collective ne recèle pas de témoignages de ces temps de grands bouleversements, elle conserve, par contre, des empreintes profondes de l’histoire des femmes et des hommes qui, au travers des siècles, ont participé de notre actuelle existence. Vouloir élaborer un projet entre l’Europe et la Méditerranée, implique de se dire aux autres, à ces partenaires naturels que sont les peuples de cet espace géopolitique.


Nous pouvons décliner notre identité en tant que peuple mais aussi en tant que Nation dépossédée de ses droits. À l’heure de ce colloque, nombre de structures politiques, d’associations syndicales et culturelles se revendiquent toujours de cette exigence légitime, de cette volonté d’exister et de se projeter dans l’avenir comme sujets majeurs. Ce postulat n’est hélas pas partagé sur notre territoire par des strates politiques qui ne veulent d’autres références que celles induites par la permanence d’une France, Une et Indivisible. Ce courant qui s’appuie sur une lecture révisionniste de notre histoire pèse encore d’une manière forte sur la société et il peut compter de surcroît, sur les positions identiques des représentants d’une puissance tutélaire, l’État Français. Au sein des institutions de cette Europe, que l’on nous dit en devenir, s’expriment des voix soucieuses, ainsi l’affirment-elles, du respect des identités. Ces déclarations maintes fois enregistrées ne trouvent aucune traduction concrète, traduction qui ne peut se concevoir autrement que par la reconnaissance du droit à l’autodétermination pour les peuples encore soumis aux férules coloniales ou néo-coloniales. Pour figurer au tableau des régions d’Europe, au moins nous faudrait-il renouer avec notre histoire propre, en terme de Nation s’entend.


Ces affirmations fortes, basées non par sur un sentiment aux relents ethnicistes mais, à contrario, sur le socle d’une conscience nationale, ne sont pas une entrave à des projets comme ceux poursuivis par l’association " Euro-Mediterrànea ". Les patriotes Corses de gauche que nous sommes, ne négligeront rien des efforts et tentatives à produire et à mettre en œuvre afin de retisser des liens solides avec les Peuples et les Nations de la Méditerranée et en tout premier lieu en direction de cette Nation Sarde si voisine et pourtant si éloignée par les aléas de l’histoire.
Les chemins vers les buts poursuivis dans le cadre d’une stratégie globale, qui revêtirait, à nos esprits, la forme d’une Assemblée des Peuples de la Méditerranée, ces chemins donc peuvent passer par des étapes intermédiaires. Nous proposons de soutenir, mais aussi de soumettre le plus largement possible, des projets culturels, économiques et sociaux qui participeraient objectivement à des rapprochements entre les Peuples, les Nations et les États de cet espace Méditérranéen qui reste à construire.Des solidarités, il en faut dès aujourd’hui. Cela relève d’une impérieuse nécessité pour nous toutes et nous tous, citoyens de cet espace géopolitique menacé par des tensions aux origines totalement étrangères et attentatoires à la garantie de nos intérêts fondamentaux.

De l’espace Méditerranéen comme enjeu politique, économique et militaire par les puissances occidentales.


Nos espaces terrestres et maritimes sont occupés et sillonnés par des unités militaires de puissances qui ne peuvent en aucun cas se prévaloir de la défense de territoires leur appartenant. Cette situation intolérable a des conséquences de tous ordres. Nous n’en retiendrons ici qu’un parmi les aspects les plus préoccupants. La présence de bases, d’escadres et de multiples moyens militaires est la résultante de politiques qui soumettent le sort des peuples de la Méditerranée aux desseins d’États uniquement soucieux de la préservation de leurs intérêts économiques et politiques. Cet état de faits participe objectivement à nous lier aux volontés des puissances occidentales qui sont à l’origine même des tensions et conflits qui ravagent nos espaces et nos pays. Le Nord du continent Africain, aux populations jeunes, connaît des troubles graves, subit le poids de dictatures, croule sous les effets d’un chômage endémique. Ses matières premières sont pillées et le poids de la dette extérieure autorise les tenants du Fond Monétaire International à orienter les choix économiques et sociaux au détriment des peuples concernés. La liste des conflits de basses ou de moyennes intensités qui endeuillent l’ensemble de la Méditerranée n’épargne aucune zone.


De l’affirmation de principes fondateurs forts pour l’espace Méditerranéen dans l’Europe de demain.


Nous nous devons donc de soumettre nos activités à des exigences fortes, en terme de démocratie, en terme de défense sans concessions de tous les droits de l’homme. Cela signifie que de nos partenariats à venir soient exclus, les mouvements politiques, institutions, États ou associations qui violent en permanence toutes les libertés. Des documents émanant d’Amnistie Internationale et de la Fédération des Droits de l’Homme recèlent toutes les indications et informations qui permettent d’identifier, sans contestation possible, les auteurs des méfaits que nous venons d’évoquer. Cela implique également d’exiger la démilitarisation et la dénucléarisation, militaire et civile de l’ensemble de l’espace Méditerranéen.


La recherche des solidarités entre les territoires, les Nations, les États et les Peuples doit s’accompagner tout autant d’une adresse à cette Europe en construction. Basée sur les préceptes des référendums, accords et traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Schengen, cette entité avant tout politique conduit ses projets en apportant sa pierre à l’édifice de la globalisation. Des millions d’ Européens, jeunes dans leur écrasante majorité, s’inscrivent désormais en contestation d’un nouvel ordre économique et politique qui rime avec :


- la misère
- la faim
- les exclusions sous toutes leurs formes (racisme, sexisme)
- des atteintes graves aux équilibres écologiques
- des violences répressives
- des conflits armés


L’idée d’une Europe des Solidarités, respectueuse des notions indissolublement liées de justice sociale et de démocratie, doit accompagner nos actions et nos propositions.


Du refus d’une Europe de Maastricht à l’émergence de l’Europe des Solidarités : pour un autre modèle de développement.


L’acceptation du Marché comme moteur de développement est une erreur à ne pas commettre, car c’est précisément à ce dogme libéral que les peuples doivent de subir des développements inégaux et combinés.
En matière de transports, les politiques poursuivies par l’Union Européenne et les États membres s’arc-boutent sur deux piliers qui sont :

a) - la déréglementation dans tous les secteurs concernés (maritimes, aériens, routiers et ferroviaires).


b) – l’ouverture à des capitaux privés et donc la privatisation de tous les moyens de transports auparavant dépendants des services publics.


Comment concevoir des échanges dignes de ce nom en admettant la rationalisation marchande et la loi du profit ? À l’évidence les premiers constats dressés par de nombreux observateurs et utilisateurs attestent de dysfonctionnements qui produisent des disparités et des inégalités entre les consommateurs et les pays ou territoires. De l’accès à des transports en toute sécurité et en toute équité dépendront tous les projets qui seront mis en œuvre dans l’espace méditerranéen. La solution en direction de développements et donc d’échanges respectueux de tous les équilibres passe par la création d’entités de services publics d’abord régionales puis les coopérations aidant, à des entités pluri-nationales, elles aussi de services publics.
Nous serons tout aussi en butte à ces pseudos philosophies de développement qui prônent le tout tourisme comme seul et unique activité économique pour les pays, Nations et territoires du Sud de l’Europe. Le prix déjà payé par les populations d’origine ou cette activité s’exerce, sans maîtrise aucune, est lourd de tous les points de vue. Cela n’a pas contribué à la création de richesses également réparties. Les identités et les cultures des régions concernées sont menacées de disparition car il leur est imposé des vecteurs de communication pour le bien être exclusif des populations touristiques. Le poids et le coût des infrastructures nécessaires à l’accueil d’un nombre sans cesse grandissant de visiteurs, est supporté via l’impôt par les résidents permanents. Les dotations accordées par les diverses institutions (collectivités territoriales, organismes nationaux et/ou européens) sont de manière quasi-systématique, destinées à orienter l’activité économique vers le tout tourisme. Les spéculation foncière et immobilière, particulièrement prégnantes dans les zones maritimes, outre qu’elles sont peut être le fait des secteurs les plus obscurs (banditisme organisé), marginalisent le monde du travail et la plus grande part des classes populaires.


Les espaces naturels propriétés collectives des peuples de la méditerranée sont donc menacés par des entreprises de prédation où ne sont prises en compte que les plus values envisagées et leur captation par une minorité.
Les espaces collectifs maritimes sont tout autant mis en péril. La faune et la flore de notre mer commune, éléments essentiels à la vie de tous nos peuples, connaissent une dégradation constante, source à terme de graves déséquilibres. Les rejets industriels, ménagers et agricoles qui se déversent dans nos eaux, comptent parmi ces facteurs qui font peser de lourdes menaces sur notre devenir commun. A cela se rajoutent des phénomènes comme le réchauffement de la planète occasionné par des pollutions dont se rendent particulièrement coupables les grands pays industrialisés.


Du rapprochement des peuples comme condition du devenir de l’espace Méditerranéen.


Ces constats accablants, loin de nous décourager, doivent être le moteur de nos réflexions, de nos propositions et de nos actions. Il appartient à l’ensemble des peuples de la méditerranée de tisser des liens forts, parce que librement consentis, de générer et de mettre en œuvre des solidarités actives, nécessaires parce que vitales pour nos avenirs respectifs et communs, de mettre un terme aux conflits en cours, en exigeant le départ des puissances qui se voudraient tutélaires, de s’opposer à cette dualité entre un Sud paupérisé et un Nord dominant, de créer enfin les conditions d’une maîtrise globale des politiques à mener, en fonction de nos intérêts collectifs.
Plus qu’un simple espace entre l’Europe et la Méditerranée, le rapprochement entre les peuples Sarde et Corse peut et doit préfigurer de ce que pourrait être un développement harmonieux, dans le respect des identités, de la justice sociale, éléments nécessaires à une démocratie réelle qui reste à construire. C’est avec nos plus proches voisins par la géographie, nos plus proches cousins par la culture et la langue, sans omettre l’histoire, que nous exprimons avec force le souhait et la volonté d’instaurer de nouvelles relations entre tous les peuples de la Méditerranée, cet espace qui est, faut-il besoin le répéter, notre mère à tous.


Serge Vandepoorte-Marcangeli, responsable des questions économiques et sociales au sein de l’exécutif du: Muvimentu di A Manca Naziunale.
Aiacciu, Uttobre 2001.


COMMUNIQUE FINAL

A l’issue de leurs travaux, les participants au Séminaire : " Territoires solidaires en Méditerranée : Corse-Sardaigne trait d’union entre deux rives" organisé dans le cadre de la première session de l’Université d’été : Corse-Europe-Maghreb-Méditerranée " qui s’est déroulée les 9 et 10 octobre à l’Institut d’Etudes Scientifiques de Cargese (Corse du Sud) en partenariat avec les universités de Corse, de Sassari et de Tunis et en collaboration avec le Programme " Méditerranée " de l’UNESCO :


- Expriment leur profonde inquiétude devant la situation mondiale et ses dérives possibles dans l’espace méditerranéen,


- Réaffirment l’urgence de construire la paix par le droit,


- Soulignent la nécessité, pour tous les peuples de la région, de relancer le processus euro-méditerranéen de Barcelone qui doit être refondé sur :
. La solidarité
. La justice sociale
. La complémentarité
. La démocratie
. Le respect des identités et des cultures.


- Insistent sur la nécessité de mettre en œuvre les modalités d’une réelle participation des citoyens et des organisations de la société civile dans le processus de développement et les échanges humains.


- Décident d’adresser aux peuples et aux institutions un manifeste pour la paix et pour le co-développement en Méditerranée,


- S’engagent à :
. Proposer et à élaborer dans le cadre des programmes de coopération existants, des projets de développement communs destinés à promouvoir le rôle de " trait d’union " et de " pont " entre les deux rives de la Méditerranée de l’ensemble Corse-Sardaigne, en partenariat avec les pays de la rive sud,
. Intervenir pour peser sur la relance du processus euro-méditerranéen
. Mobiliser la société civile lors de la prochaine Conférence de Barcelone en 2002.
. Œuvrer pour que la Méditerranée soit porteuse d’une autre vision du monde et ouvre des chemins inédits pour des relations nouvelles entre les peuples et entre les états.