NOS ELUS EN ACTION

 

Pierre Bertoncini, 30 ans, professeur d'Histoire-Géographie.

Conseiller Municipal à Bisinchi, délégué au Patrimoine.

Membre de la Représentation Nationale du Muvimentu di a Manca Naziunale, délégué au patrimoine.

L'ANTI-PULITICHELLA :

DES PRINCIPES POLITIQUES ET DES ACTES.

Elu 'Manca Naziunale' au sein de la liste d'action communal 'Bisinchi pour tous', Pierre Bertoncini s'est fixé pour objectif une réhabilitation du patrimoine de sa commune et un accès au plus grand nombre à la découverte de celui-ci.

L'historien de formation et le militant politique propose une analyse critique de l'évolution de la société vilageoise, aux antipodes de visions folkloriques destinées aux consommateurs et promoteurs du Tout-Tourisme. L'auteur inscrit son action dans la durée et a tenu a faire publiquement cette introduction :

Le programme d’expositions sur l’histoire de Bisinchi


Les chercheurs actuels considèrent que l’histoire ne se résume pas à une liste de personnages importants ou d’événements marquants tels que des batailles. Elle est une science humaine qui s’attache à analyser les conditions de vie passées des sociétés. Ainsi l’histoire pluri-séculaire de notre communauté ne se résume pas dans l’évocation tragique de la mort violente de l’abbé Vignale!
C’est dans cette perspective qu’il apparaît comme pertinent de réaliser une série d’expositions concernant le passé de la commune. Jusqu’à présent, peu de choses ont été produites en ce domaine. Chacun, au moment du décès d’un ancien mesure la part de la connaissance du passé q ui disparaît. Certains se réfugient dans l’éternel présent de la télévision, d’autres tâtonnent dans une quête individuelle de leur généalogie. Dans ce contexte, la question qui se pose alors est “ par où commencer ? ”
Modestement, on évoquera dans un premier temps l’histoire récente, celle du XXe siècle. La municipalité organisant ce projet, il est naturel que ce soient les archives de la mairie qui servent de sources principales aux investigations menées dans le temps. Des contributions privées (documents ou témoignages) sont également les bienvenues
Notre histoire collective sera ainsi exposée au plus grand nombre dans les locaux municipaux. C’est un aspect de la démocratie locale qui permettra en particulier la transmission de notre histoire aux jeunes générations.

Revitaliser le lien social et un projet collectif entre les générations...


La méthode suivie sera de présenter trimestriellement un thème. Par exemple, le premier retenu est “ Eau et société, de la tradition à la société de consommation, (1939-2001) ”, le second portera sur l’histoire de l’école du village. Il n’est évidemment pas un hasard si cela correspond à une période de travaux publics relatifs à l’eau ainsi qu’à une demande faite au rectorat de rouvrir l’école.
En effet l’actuelle municipalité n’entend pas faire table rase du passé. Réfléchir sur les expériences passées (heureuses ou non) est un gage de réussite pour les actions présentes et futures dont on ne peut faire l’économie. On ne peut greffer un citronnier sur un châtaignier !
Certains critiqueront la démarche en la qualifiant d’orientée favorablement à l’actuelle majorité dans laquelle je m’inscris ou à la Manca Naziunale dans laquelle je milite. J’assume cette critique. C’est en effet une interprétation de notre passé qui est proposée. Si cela donne lieu à un débat public, tant mieux ! Si cela ouvre la piste à des mémoires universitaires qui jugeront de la validité des thèses exposées, ce sera une victoire gagnée sur les forces de l’oubli. "

EAU ET SOCIETE A BISINCHI
de la tradition à la société de consommation (1939-2001)

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Une première exposition très documentée...

Dans le programme de la liste “Bisinchi pour tous”, la part des propositions relatives à l’eau était importante. Il semblait qu’il y avait un mécontentement général quant à ce sujet.
Il est proposé dans cette exposition de faire un bref rappel historique sur la gestion collective de l’eau au village. Le dépouillement des archives de la mairie a permis de mettre en évidence que le “problème de l’eau” n’est pas récent.
Si la Corse est passée dans la seconde moitié du 20éme siècle d’une économie quasi-autarcique à une société de consommation, on verra que l’on en voit le reflet dans le rapport entretenu par notre collectivité avec l’eau.
Ainsi, “ l’arrivée de l’eau au village” dans le chef lieu date de 1939. Le budget de la commune des années suivantes montre que l’endettement avait été lourd. Après les difficiles périodes de guerre et d’après guerre, ce ne sont que des légères améliorations qui sont apportées au dispositif existant.
Les fontaines, les lavoirs, les sources, puis les bornes fontaines furent des lieux importants de la vie collective qui marquent la mémoire des anciens.
C’est paradoxalement en 1973, à la fin des 30 glorieuses, que voulant rattraper le temps perdu, une nouvelle municipalité entreprit d’importants travaux d’adduction d’eau courante, d’installation d’un système d’égouts ainsi que d’évacuation des eaux pluviales. Ces travaux sont en phase avec le début de la revendication écologiste corse, la lutte contre les boues rouges qui anima cette même année 1973 en étant le symbole.
Comme de 1939 à 1973 des aménagements ponctuels sont apportés au réseau jusqu’en 2000. Par exemple, en 1984, le haut de Pradale vest irrigué à son tour.
Tandis que le village se dépeuplait, le confort se développa. L’usage de l’eau s’individualisa, chacun ayant peu à peu l’eau au bout de son robinet. La période annuelle de plus fort besoin en eau voit coïncider l’arrivée de notre “diaspora” avec la saison sèche! Pour répondre à ces besoins des sources connues furent régulièrement captées. L’eau destinée aux foyers, disparut du circuit agricole, où résurgence après résurgence elle avait longtemps marqué notre paysage.
1939 et 1973 ont donc été les dates majeures de la gestion politique de l’eau durant le 20éme siècle. Plusieurs personnes durant la préparation de cette exposition m’indiquèrent sur un ton goguenard qu’il s’agissait d’un dossier sensible. Pourquoi ? N’y a t’il pas plus clair que l’eau de source ?

Le Maire, Le président du Conseil Général de la Haute Corse et le Conseiller Cantonal ont salué cette initiative et le travail accompli .

Les nombreux chantiers relatifs à l’eau menés par la mairie sont parmi ses réalisations les plus lourdes financièrement. Le dépouillement des archives municipales ainsi qu’une rapide et certes incomplète enquête orale ont permis de dégager que sur l’eau s’étaient cristallisées de nombreuses rancoeurs au fil des décennies: Des hameaux, des familles, des individus ont souvent eu l’impression d’être les “laisser pour compte” de travaux pour des raisons d‘incompétence ou d’inavouables calculs partisans. Quelque soit la justesse de ces reproches, c’est dans ce contexte que l’étape de 2001 est à comprendre: Il reste à l’action de l’équipe municipale ainsi qu’à la vigilance des commissions extra-municipales de faire en sorte que tant pour l’actuel chantier de restauration du réseau que pour les autres aspects de la gestion de ce bien collectif, le cap du slogan “Bisinchi pour tous “ soit tenu. C’est une condition indispensable pour construire un avenir équitable.

Pierre Bertoncini.