La CCM, un outil de service public.

Introduction: Quelques éléments clarificateurs.

La question de l'avenir de la CCM fait l'objet d'un débat qui intéresse l'ensemble des Corses. Il est vrai que c'est encore une fois dans l'urgence que se traite un problème aisément prévisible. Pour l'ensemble des groupes politiques qui siègent à l'Assemblée de Corse en passant par l'actuel gouvernement et sa majorité plurielle, l'opposition parlementaire et enfin les mouvements politiques non représentés au sein des institutions locales, tous savaient que l'adhésion aux principes de Maastricht passerait par des privatisations et donc un démantèlement du service public socialement utile. Personne ne peut donc se retrancher derrière une prétendue ignorance.

Est-il encore nécessaire de rappeler que le dogme libéral signifie encore plus de concurrence et toujours plus de déréglementation. Avec en corollaire de désastreuses conséquences sociales.

Lors du référendum portant sur la ratification du traité de MAASTRICHT, le vote exprimé en Corse a été majoritairement pour le NON, preuve que les Corses exprimaient leurs doutes et leurs craintes. Les majorités régionales et départementales sont passées outre, accompagnées dans la manoeuvre par une partie de leurs oppositions. Paradoxe entre Partis et opinion: l'avis de notre pays n'est pas pris en compte. Il faudra donc que les responsabilités soient logiquement partagées.

Nous voyons désormais une large partie de la classe politique insulaire être dans l'obligation de clarifier ses positions car dans les faits et ce malgré le flou entretenu jusqu'alors, les options libérales et leurs variantes extrémistes l'emportent. Les Corses vont donc pouvoir se faire une idée plus nette et le débat politique y gagne déjà en clarté.

Le service public des transports en danger.

Aujourd'hui le secteur aérien et demain les secteurs maritimes et ferroviaires, tous sont d'ors et déjà menacés. Menacés car il faut d'emblée tordre le cou à une idée hélas trop souvent propagée. Les privatisations déjà effectuées en France et plus largement en Europe n'ont en rien amélioré la qualité des services proposés. La course à la rentabilité et aux profits, ne fait pas arriver les trains plus à l'heure, pas plus que les avions. Elle ne se traduit pas pour les personnels par des améliorations, voir le sort réservé aux équipages de nombreuses compagnies de transports maritimes. Elle ne se traduit pas non plus, contrairement aux mensonges assénés, par des créations d'emplois stables et convenablement rémunérés. Pour les usagers, cette course effrénée aux profits, occasionne des effets contradictoires. Dans un premier temps et afin d'appâter la clientèle on opère quelques baisses de tarifs et dès que les monopoles privés s'instaurent (car la concurrence ne fait pas disparaître les monopoles) les prix sont alors corrigés à la hausse. S'il fallait étayer ces propos par un exemple récent, nous prendrions la triste affaire des trains Britanniques ou pour de sordides raisons d'intérêts ont été négligé des règles de sécurité.

Les privatisations sont aussi des cadeaux somptueux faits aux investisseurs privés. L'argent public investi depuis des années afin de construire et d'entretenir les compagnies n'est jamais récupéré car les secteurs passés au privé ont toujours été systématiquement sous évalués. La concurrence enfin provoque de la casse au sein même des adeptes du tout libéral. Le récent exemple de la Kyrn-Air devrait en inciter plus d'un à la prudence, à moins de considérer la disparition de quarante emplois comme un phénomène "naturel"... Le chômage n'est pas toujours fait pour les autres. En outre, au nom d'une logique de rentabilité à tous prix, les consortiums peuvent sans avoir à rendre de compte, purement et simplement en arriver à se désengager de lignes, jugées de leur seul avis quantité négligeable.

Maintenir le service public socialement utile.

Entre le gaspillage et la gabegie de la bureaucratie claniste et le tout libéral, il ne faut pas choisir. Une autre voie est possible; celle d'un développement durable au service de l'homme. Pour notre pays cette perpective peut se dessiner à une condition expresse: celle d'une maîtrise par l'ensemble des Corses de leur avenir. Concrètement cela implique une volonté politique et des moyens afférents.

Un bras de fer s'engage donc entre ceux qui veulent sacrifier l'avenir de la Corse à des intérêts privés, au seul bénéfice d'une minorité, et celles et ceux, la majorité des femmes et des hommes de notre pays, qui exigent des conditions de vie et de travail dignes de ce nom.

Un appel à la mobilisation.

Il est tout à fait possible de faire reculer l'État français, l'actuel gouvernement et les instances Européennes.

U Muvimentu di a Manca Naziunale lance un appel aux personnels des compagnies aériennes, maritimes et ferroviaires, aux syndicats et aux usagers, afin de créer les conditions d'une mobilisation d'ampleur pour exiger tous ensemble, le droit pour de maintenir et d'améliorer un vrai service public.