Politique des transports :
l'avenir est au service public !


Le débat sur la politique des transports à mener en Corse n’est pas l’affaire de " spécialistes " et ne doit pas être confiné au sein des seuls Parlements, qu’ils soient Européens ou Français. C’est l’affaire de tous de tous les Corses, usagers prioritairement concernés par ce qui doit être considéré comme un droit fondamental parmi d’autres : la liberté de circulation. Liberté qui passe par l’accessibilité permanente aux moyens de transport, terrestres, aériens et maritimes.

Or cette liberté est à conquérir. L’égalité dans le domaine de la libre circulation des hommes (comme dans bien d’autres domaines) n’existe pas. Il s’agit pourtant d’une donnée fondamentale directement liée aux principes démocratiques qui devraient prévaloir sur tout autre considération. Puisque c’est de la démocratie dont il s’agit et non pas d’une délégation de pouvoirs. Puisqu’il est question d’une maîtrise des décisions par les moyens d’une participation collective, à toutes les décisions concernant notre présent et notre avenir.

Une politique des transports au service de tous les Corses pourrait donc être envisagée et mise en œuvre à partir de ces premières conditions. Mais il n’y suffirait pas si, le carcan imposé par le dogme libéral était maintenu. Ce dogme qui influence la Commission de Bruxelles et qui étend ses exigences à toutes les collectivités, qu’elles soient territoriales ou nationales. L’économie devrait être au service des hommes et se ranger aux décisions politiques, pensées et voulues par le plus grand nombre. Il est donc, or de question, de laisser aux milieux de la finance et à une poignée " d’entrepreneurs " le soin de décider plus longtemps de tout ce qui touche au bien public.

Les élus de l’Assemblée de Corse auraient dû depuis longtemps baser leurs délibérations sur ces données fondamentales. Ceux s’entend, qui ne seraient pas les représentants d’intérêts privés, ou qui n’auraient pas encore abdiqué devant les exigences du marché. Faute d’une volonté politique plaçant les Corses et la Corse au centre de leurs préoccupations, les conseillers territoriaux n’ont d’autres prérogatives que celles consistant à appliquer des politiques concoctées d’abord par les tenants du libéralisme. En cela ils sont semblables à leurs homologues de Paris, Rome ou Strasbourg. Les Parlements sont donc soumis à la tutelle libérale, quand ils n’en sont pas l’émanation, ce qui est plus souvent le cas.

La Corse n’est pas un marché. C’est le pays de toutes celles et ceux qui veulent vivre librement dans le respect de leurs indentités et dans la pratique concrète de tous les droits de l’homme. Pierre angulaire d’une politique voulue par et pour les premiers concernés, ce socle autorise, dès lors qu’il est posé, doit guider toutes les réflexions. Cette conception s’oppose frontalement à ce qui se fait aujourd’hui dans le domaine des transports ou ne prévalent que la concurrence à outrance, le dumping social, et les dividendes exigés par les actionnaires.

Le récent écrasement social et financier de la Compagnie Air’Lib est l’illustration concrète de ce que peut donner la guerre économique. Les conséquences en seront directement payées par les personnels dont l’immense majorité finira au chômage. Cela pose au-delà, la question de la desserte de nos aéroports dans des conditions de régularité strictement respectées. La démonstration négative est patente et avérée. Il faut donc reconsidérer les règles.

Dans le domaine de tous les transports, il ne dépend que de la capacité d’intervention des usagers et des personnels pour inverser cette tendance. C’est dans cette optique que nous proposons en tout premier lieu la réactivation du Collectif pour une Compagnie maritime Corse de service public, sans exclure la création ou la fédération d’autres collectifs pour le domaine des secteurs terrestres et aériens.
Nous y défendrons les idées, d’une défense intransigeante du service public socialement utile et de sa promotion. Notions s’inscrivant pleinement dans les questions touchant à nos libertés fondamentales.
Par ailleurs, le " Tout Tourisme " ne devant pas être le vecteur de développement de la Corse, il est urgent d’inscrire le débat sur les transports dans un cadre élargi à la problématique politique, d’un projet de société.


Dans l’immédiat nous devrons exiger :


- Le rapatriement en Corse des sièges administratifs et sociaux de la SNCM
- L’attribution exclusive et prioritaire de subventions aux seules compagnies de service public
- L’interdiction d’accostage ou d’atterrissage à des sociétés privées ayant leurs sièges situés dans des paradis fiscaux
- L’accès et l’application aux personnels des textes et conventions garantissant au mieux leurs conditions de travail et de sécurité
- La programmation diversifiée et régulière de lignes sur toutes les directions du bassin Méditerranéen
- L’accès à tous les moyens de transport, par le biais de tarifs préférentiels, aux usagers disposant des plus bas revenus et aux sociétés ayant leurs sièges et leurs personnels basés et recrutés en Corse.


27/02/2003. L’exécutif du Muvimentu di A Manca Naziunale.
.