Feux de forêt : Catastrophe écologique

A Manca Naziunale constate, comme tous aujourd’hui, à quel point les actes criminels de quelques individus peuvent influer sur tout un peuple. L’injustice de ce constat est aggravée par la nature des faits : Depuis plusieurs jours les incendies qui ravagent notre pays détruisent notre patrimoine collectif, et ce que la nature a mis des siècles à construire des ennemis du peuple corse l’ont détruit en quelques jours.
Mais outre la colère, des questions se posent : comment les actes de ces criminels peuvent-ils prendre de telles proportions malgré les moyens de lutte et de prévention existants ? Sont-ils les uniques responsables de ces drames ?

De la casse du service public en général et de la désorganisation des moyens de prévention en particulier.

Dès le mois de juin les personnels de l'O.N.F tiraient la sonnette d'alarme sur la désorganisation des patrouilles et des taches de prévention. Au nom de la rentabilité, les budgets sont réduits, et le fonctionnement de services entiers est rendu irrationnel et par conséquence la protection de nos forêts sacrifiés. A titre d’exemple, l’abandon du programme d’hélicoptères bombardiers d’eau a été et demeure une absurdité.
Concernant le sinistre de la Vallée de la Restonica, c'est bien une désorganisation systématique des moyens de prévention qui a été mise en place : Plan de gestion ubuesque, utilisation des moyens existants réduits au stricte minimum .
Pourtant, seules des patrouilles actives et opérationnelles sur le terrain peuvent avoir la possibilité de combattre efficacement un foyer naissant et limiter les dégâts. Sans mettre "un homme derrière chaque arbre" les agents de l'O.N.F et les sapeurs forestiers peuvent remplir ces missions si les autorités politiques le souhaitent et surtout leur en donnent les moyens. Les responsabilités sont donc clairement établies.

Du clientélisme à la petite semaine qui consume notre devenir au quotidien.

Les tentatives de prédation de quelques particuliers sur le bien commun ne cessent de s'accroître sur fond de mépris total de la propriété collective du peuple corse sur ses espaces mer et montagne. Dans ce contexte, le système clientéliste se contente de gérer les contradictions d'appétits divers et variés sur fond de "pulitichella" préélectorale.
Le drame est que ce système pervers ne produit aucune véritable politique du tourisme en Corse et encore moins de réelle politique de protection des sites naturels. Pire encore, les recrutements électoralistes restent encore et toujours un moyen de niveler par le bas : l’incompétence règne...
L'incurie claniste ne peut laisser aux générations futures que déchets et désolation.

Les problèmes demeurent et il faut les résoudre collectivement.

- Pourquoi accepter que les services publiques socialement utiles soient démantelés au nom du libéralisme ?

- Pourquoi accepter que ce qui appartient aujourd'hui à chaque corse devienne demain la propriété de quelques-uns ?

- Pourquoi accepter qu'il n'y a jamais de "responsables" qui rendent des comptes chaque fois que des erreurs sont commises ?

- Pourquoi continuer à accepter que la "pulitichella" empêche toute politique rationnelle dans quelque domaine que ce soit en Corse ?

A une industrie du feu nuisible doit se substituer impérativement de véritables campagnes de prévention participative associant population et pouvoirs publics, résidents et touristes.
Si nous ne nous mobilisons pas collectivement, ce ne sont pas seulement les arbres qui partiront en fumée, mais aussi les droits et la dignité de la majorité des corses.