| Rassemblement contre l'article 12 à Bunifaziu À l'appel de A Manca naziunale, plusieurs dizaines de militants ont manifesté, hier route de Piantarella, contre l'article 12 du projet de loi sur la Corse.
Un rassemblement de plusieurs dizaines de militants organisé par A Manca naziunale a eu lieu, hier à 12 heures, route de Piantarella, à Bonifacio, devant la maison Tarallo que le mouvement nationaliste qualifie « d'atteinte à l'environnement ». « Sarà quessu l'avvene di a Corsica ? » Cette inscription peinte sur le mur d'enceinte de la propriété désignait « un type de réalisation que A Manca Naziunale ne veut pas voir fleurir sur le littoral insulaire ». A quatre jours de l'examen en deuxième lecture du projet de loi sur la Corse par l'Assemblée nationale, A Manca naziunale réaffirmait ainsi son opposition « à l'article 12 dudit projet qui vise à donner aux élus insulaires la possibilité d'adapter la loi littoral ». Dénonçant « les applications plus ou moins élastiques de la loi littoral », les manifestants estiment « que les garanties de protection et d'égalité devant la loi seraient encore amoindries si la gestion de l'urbanisme était confiée aux seuls élus locaux ». « En contradiction avec la loi » Jean-Toussaint Plasenzotti explicite la position de A Manca Naziunale : « Nous demandons la suppression de l'article 12, car il remet en cause les grands principes de la loi littoral. Nous avons choisi d'organiser l'action militante de ce jour devant la maison Tarallo, car cette construction est en contradiction avec la loi, comme la plupart des réalisations de la côte Est de Bonifacio qui ont bénéficié de la bienveillance des pouvoirs publics locaux et même nationaux. » Il faut savoir qu'André Tarallo, Bonifacien par sa mère, présenté comme « Monsieur Afrique » de la société Elf Gabon, avait obtenu un premier permis de construire pour cette luxueuse villa en 1993. Ce permis avait alors été déféré par le préfet devant le tribunal administratif de Bastia, puis annulé par le maire de Bonifacio. Un second permis a été déposé en 1994 ; mais une erreur de procédure du préfet de l'époque n'avait pas permis qu'il soit de nouveau déféré. La construction est donc tout à fait légale, même si l'affaire n'a jamais été jugée sur le fond. « La règle jusqu'en 2004 » Jean-Toussaint Plasenzotti poursuit en ces termes : « Cet exemple est symptomatique de ce qui va se passer si la loi littoral est adaptée. Il y a une privatisation rampante de notre littoral qui est un élément déterminant de l'avenir de l'ile. Nous voulons donc que la loi littoral reste la règle jusqu'en 2004. Ensuite, si décentralisation il y a, nous estimons que les questions d'urbanisme devraient être traitées par une sorte de commission mixte composée d'élus et de représentants de l'administration et des associations. » On retiendra aussi qu'au cours de la manifestation, des slogans et autres inscriptions ont fleuri mettant en cause l'origine de la réussite du propriétaire des lieux. Après avoir tenu un point presse, les manifestants se sont retirés dans le calme pour participer à une merendella sur la plage voisine. |