Cunferenza stampa di prisentazione di i candidati di u suppranacciu
BASTIA u 24 d’Aprile di u 2002


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DICHJARAZIONE di Ghjuvanni LEFEVRE

Figliolu muntagnolu campu, cum’è parechji, d’un picculu rivinutu nantu à sta terra di Corsica.


Sò persuasu chì sola l’adunita di i travagliadori pò resiste oghje per fà, dumane, u rigettu di stu modu di sucetà ch’ellu ci impone a logica di u capitalisimu mundiale, quella dinò di l’Auropa liberale è in fine quella di u Statu Francese, cù a cumplicità di i nostri capimachja puliticanti è altri sbirri chì volenu fà sparisce u nostru populu.


Mà di sta terra di u cumunu chì campava di un’ecunumia pasturale, u culunialisimu ne hà fattu una terra duve u nostru populu campava d’assistenza, è oghje chì hè oghje ci volenu fà passà indè u liberalisimu furbu è latru. " A cabia senza l’acelli ! " dicianu certi.


U nostru paese cunnosce, oghje, 11% di senza impieghi, 63% di famiglie chì ùn sò impusevule è 37% chì campanu d’un rivinutu mezu mezu mà bassu.
Alora chì u prezzu di a vita hè, ind’è noi, a più cara di Francia.
Sta manera d’esse, ùn dà chè disgraziati è malandati, à quale li si dumanda sempre di più " mubilità è flessibilità " à nome d’una rentabilità à prò d’altrò.


U soldu avanti à a vita di l’omu, chì vergogna !


A nostra terra ùn hè nè a vende , nè a cumprà !


Aiò rittu o corsu hè ora, chì " u nostru dumane cumencia oghje " ! ! !


Texte intégral de la Conférence de Presse

Prisentazione Pantaleon Alessandri

U NOSTRU DUMANE CUMENCIA OGHJE !

C’est lors de son A.G. du 8 décembre dernier que A MANCA NAZIUNALE avait décidé de présenter des candidats aux élections législatives.
Nous le faisons aujourd’hui pour la Haute Corse , avec Didier RAMELET (32 ans, Informaticien, chargé de cours à l’università ) pour la circonscription de BASTIA et Ghjuvanni LEFEVRE (51 ans, agent ONF) pour la circonscription de CORTI-BALAGNA.
Leur suppléant est, pour Didier, Leria TRISTANI, et pour Ghjuvanni, Pierre BERTONCINI.


A MANCA NAZIUNALE défendra d’abord et avant tout les intérêts populaires, c’est à dire la défense de tous ceux qui, comme nous, souffrent d’un système économique et politique qui nie et détruit notre culture, exploite notre pays et notre peuple.


Ce sont les politiques d’exclusion sociale qui font le lit du Fascisme et du Populisme, en Corse comme ailleurs. La seule réponse au désespoir, qui s’exprime sous les formes les plus réactionnaires, est l’élaboration d’un projet de société qui prennent réellement en compte les besoins collectifs.


Les candidats de A MANCA NAZIUNALE sont d’autant bien placés pour promouvoir une alternative, car ils sont des enfants de ce peuple, ne sont ni des nantis ni des politiciens, et ils délivreront un message de lutte et d’espoir au monde du travail, car pour nous…


U NOSTRU DUMANE CUMENCIA OGHJE !
!

POUR UNE ALTERNATIVE AU TOUT-TOURISME


Le tout-tourisme est un projet de société conforme aux intérêts de la bourgeoisie insulaire et de secteurs maffieux. La seule motivation économique de ce projet est la privatisation de la Corse.
Ce projet politique ne pourra se traduire que par une véritable mise à mort de notre pays et de notre peuple, avec des conséquences très précises : La privatisation et l’exclusion de nos espaces naturels collectifs, la généralisation des bandes armées pour le contrôle des territoires, la destruction de secteurs productifs devenus inutiles, la destruction de notre cadre de vie, la paupérisation des travailleurs, une pression fiscale accrue, une spéculation immobilère débridée, l’acculturation, ect…
L’argument fallacieux d’un développement générateur d’emploi est une vaste escroquerie de la part de ceux-là même qui sont à l’origine du désert économique dans l’île. La majorité des emplois proposés dans ce secteur constituent une atteinte à la dignité humaine. La main d’œuvre saisonnière est le plus souvent importée, nous en voulons pour preuve le partenariat réçent entre L’ANPE de Corse et L’ANPE de Lorraine.
En plus des multinationales et/ou maffieux, seuls quelques familles corses tireront profits de ce type de développement qui a d’autres effets pervers ; en premier lieu l’impossibilité pour la majorité des corses de continuer à vivre sur leur terre, mais également la dépendance totale de notre pays envers un secteur très fluctuant et sensible à la conjoncture économique mondiale (cf. Argentine). Nous en appelons à la mobilisation populaire et surtout à l’alternative.


La Corse est un pays aux potentialités économiques riches, maintenu en état artificiel de pauvreté dans le seul but de conserver le pouvoir politique à quelques clans. Un autre projet est possible en Corse, respetueux et de la terre et des hommes. Seule une volonté politique réelle peut permettre de projeter notre économie sur des axes cohérents :


- Secteur agricole productif avec un redéployement vers les besoins intérieurs de consommation courante.
- Fin des monopoles de la distribution pour élaborer des circuits performants pouvant permettre aux petits producteurs de maintenir et d’écouler leurs volumes de production à des prix abordables.
- Recherche de nouveaux échanges économiques en Méditerranée ( Sardaigne, Magrebh,ect…)
- Petite Industrialisation non-polluante orientée vers les produits recylés.
- Politique du Tourisme alliant l’étalement des flux sur l’année entière et le respect du droit du travail.
- Nouveaux services publiques ruraux s’appuyant sur les N.T.I.C
- Développement de la fillière bois.
- Développement des transports publics.



Les idées viables économiquement ne manquent pas , c’est le pouvoir de mettre cette politique en œuvre qui nous échappe. Cet autre Demain pourrait pourtant commençer dès aujourd’hui à être mis en œuvre, et pour cela, les hommes et les femmes de notre pays doivent s’emparer démocratiquement du pouvoir de maitriser leur destin.

 


DEMOCRATIE PARTICIPATIVE & CITOYENNETE CORSE

La Démocratie n’existe pas en Corse, c’est un fait, mais de plus en plus nous avons à subir les conséquences de choix qui nous sont imposés de façon arbitraire.
Le peuple corse s’était prononçé à 54 % contre le traité de Maastricht en 1992, mais il doit aujourd’hui supporter tous les maux de la dérèglementation des services publics. Ce Libéralisme prédateur s’attaque également aux transports publics qui sont vitaux pour notre peuple, et demain à l’Education, à la Sécurité sociale, au système de retraite et au système de santé. Ce n’est pas notre choix.


Le processus de Matignon est également un dénis de démocratie. En effet, ce ne sont que des groupes d’individus qui ont imposé un projet politique réducteur, sans aucunes garanties sociales et conforme avant tout à des intérêts privés. La plus grande preuve du caractère anti-démocratique de ce processus est l’épisode de l’article 12, une minorité a voulu remettre en cause la loi littoral, alors que 81% des corses y sont attachés !
Il y a donc un divorce flagrant entre les aspirations populaires et les choix de la classe poltique insulaire.

IL devient urgent de rétablir la démocratie à la base, une pratique d’une citoyenneté de proximité, qui fonctionne très bien sous d’autres cieux (cf. Porto Allegre) et qui compte tenue de notre faible démographie pourrait très bien s’adapter à la Corse. Les assemblées villageoises publiques ont caractérisé la vie politique de notre pays pendant des siècles, il serait d’autant plus naturel de restaurer des conseils publics urbains et ruraux redonnant la parole aux corses sur les choix de société. Toute décision politique doit être collectivement maitrisé. A notre sens il n’y aura jamais de souveraineté populaire, c’est à dire l’expression démocratique du peuple corse, sans démocratie participative.

Pour que des citoyens s’expriment et participent librement à la vie de notre pays, il convient de définir de quelle citoyenneté parlons nous. Il va de soi que c’est de la citoyenneté corse dont il s’agit, mais qu’est ce qu’un corse aujourd’hui ? Indépandemment de la notion de communauté de destin à laquelle nous sommes attachés, comment caractériser l’appartenance à notre communauté ?
A Manca Naziunale considère que ce n’est pas à un groupe d’individus distincts et encore moins à une organisation politique d’attribuer l’identité corse. Nous sommes pour le droit du sol, et pour l’adhésion libre et individuelle à notre communauté. De ce libre choix découlera automatiquement un corps électoral corse basé sur le principe un individu=une voie. Le processus démocratique d’autodétermination ne pourra se faire sans l’émergence d’une communauté de droit consciente d’elle même, s’exerçant au pouvoir à travers une Assemblée Nationale Provisoire, et surtout, débarassée de la tutelle claniste.

Pour que cette entreprise d’émancipation collective débute, il est urgent d’anéantir les liens de soumission économiques, politiques et sociaux aux clans, et à tout ce qui peut brider notre liberté d’action et de pensée en tant que communauté vivante. Pour cela, il faut exiger de nouveaux droits sociaux opposés aux conceptions destructrices du libéralisme.



DE NOUVEAUX DROITS POUR LES TRAVAILLEURS

Les logiques du capitalisme mondial, de l’Europe libérale ou d’un Etat intérèssé à la disparition de notre communauté ont un caractère profondément illégitime pour notre peuple privé de droits, aussi, elles doivent être rejettées !

A la farçe de Matignon, a Manca Naziunale aurait préféré une évolution institutionnelle qui prenne réellement en compte les intérèts de la majorité de notre peuple, c’est à dire les travailleurs. Et sous ce vocable nous entendons les salariés du privé et du public, les petits agriculteurs, les petits artisans et commerçants.
La Corse connaît actuellement un nombre trop important de chomeurs et travailleurs pauvres, 63% des foyers fiscaux ne sont pas imposables. Elle connaît ègalement un paradoxe peu enviable : Salaire moyen très bas et chèreté de la vie très haute. En plus de cette précarisation qui s’accroie dans l’île, on demande de plus en plus de mobilité et de flexibilté aux salariés, au nom de la rentabilité.


Après avoir vu son économie agro-pastorale détruite, le peuple corse passe aujourd’hui brutalement du stade de l’assistanat au libéralisme outrancier. Face à ces agressions le monde du travail en corse est de plus en plus vulnérable.

Pour nous, l’alternative passe par des droits nouveaux pour les travailleurs. Pour l’ensemble des salariés de l’île, nous préconisons Un SMIC Corse, une échelle mobile des salaires indexée sur le coût de la vie, la réintroduction de l’autorisation publique de licenciement, le renforcement des moyens de l’inspection du travail et un accès plus faciles aux formations.
Au niveau des petits agriculteurs nous pronons un effacement de la dette au cas par cas, de nouvelles formes de subventions publiques encourageant la production pour sortir de l’assistanat, l’application réelle du droit de préemption contre la spéculation foncière du littoral à la montagne, une centrale coopérative de distribution et de commercialisation.
Pour les petits artisans et commerçant nous souhaitons voir aboutir la création d’une véritable Banque public corse de développement avec des crédits et taux préférentiels, la création d’une prime à l’embauche d’un premier CDI, la création de pôle d’assistance-conseil gratuits dépendants des CFE et le remplacement de la TVA par une taxe régionale unique de 5% destinée à la Banque corse de développement .


Toutes ces mesures seront financé prioritairement par une fiscalité plus juste, c’est à dire par une plus équitable répartition des richesses, mais également par le rapatriement et le contrôle collectif de l’épargne populaire au sein d’une banque corse de dévellopement et par les revenus publics issus d’un véritable développement.
De nombreux autres thèmes seront prochainement abordés durant la campagne des législatives, au sein de notre programme notamment.