Interpellation de Didier Ramelet

A MANCA NAZIUNALE RUE DANS LES BRANCARDS

Transféré à Paris, le militant de la gauche nationale reçoit le soutien de ses camarades qui en profitent pour dénoncer certaines pratiques.

Didier Ramelet, 28 ans, un militant de "A Manca naziunale", présent sur la liste aux dernières élections régionales, a été interpellé mercredi matin à Corte, sur son lieu de travail, puis transféré à Paris le même jour après un passage par Bastia, dans le cadre d'une commission rogatoire d'un juge anti-terroriste (lire par ailleurs).

Hier après-midi, à Ajaccio, des représentants du mouvement ont tenu à rencontrer la presse afin de réagir publiquement à cette interpellation. Ils ont tout d'abord dénoncé la manière de travailler "de certains services de police venus de Paris". Selon eux, ces policiers, ceux de la D.N.A.T. pour ne pas les nommer, usent de "méthodes provocatrices (...) méprisant et bafouant les règles élémentaires du droit".

"A Manca naziunale" parle de fait de "pratiques d'un autre âge". Et d'ajouter: "Au nom de l'émotion suscitée par l'assassinat du préfet Claude Erignac, que, rappelons-le, "A Manca naziunale" a condamné en son temps sans aucune ambiguité, on se permet aujourd'hui tout et n'importe quoi... C'est de la totale déraison".

Pour les porte-parole du mouvement, la multiplication ces derniers mois des interpellations dans les milieux nationalistes relève davantage du "délit d'opinion" qu'autre chose. "Pour nous, il s'agit d'atteintes graves à la vie même des mouvements qui s'en trouve viciée", expliquent-ils.

La presse doit aussi parler des "petits"

"A Manca naziunale" rappelle que sa ligne politique est claire, avec un refus total "des négociations et rapports de force occultes", et ce "quelles que soient les origines''.

"Nous, les débats, nous les organisons devant le peuple en public !". Allusion sans doute à quelques initiatives prises récemment sous de septentrionales latitudes...

Avant hier, le jour de l'interpellation de Didier Ramelet, un représentant du mouvement nous confiait: "On demande à nos militants d'occuper le terrain politique, celui de la démocratie à visage découvert et voilà ie résultat...".

Un "résultat" que "A Manca naziunale" n'a pas voulu passer sous silence, surtout pas. ''Certains puissants malmenés ces derniers temps par la justice en Corse ont eu droit aux colonnes des journaux. Et il faudrait admettre, sans réagir, que les "petits", les "pauvres gens", soient ainsi emmenés à Paris, sans la moindre explication, avec toutes les conséquences que l'on devine pour leur emploi, leur vie familiale ? Pas question !"

Michel DIVET

( Journal La CORSE )