
La condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna par les magistrats professionnels d’une cour spéciale est une décision motivée par des considérants politiques. Nous en voulons pour preuve, la déclaration de Nicolas Sarkosy, alors ministre de l’intérieur, qui a désigné, quelques minutes après son arrestation, Yvan Colonna comme « l’assassin du Préfet Érignac ». Bel exemple, parmi tant d’autres, de l’indépendance de la Justice et de la présumée séparation des pouvoirs ! La raison d’État ne saurait donc s’embarrasser de la présomption d’innocence ou de notions comme le bénéfice du doute. C’est donc bien d’un jugement politique dont il s’agit. À chacun dès lors d’en tirer tous les enseignements. Cet événement judiciaire ne doit pas faire oublier que pendant le même temps s’intensifient les arrestations, les placements en garde-à-vue, les perquisitions musclées, les détentions provisoires à rallonge et la chasse aux faciès dont sont victimes, tous les hommes et les femmes qui ne répondent pas aux critères subjectifs du ministre de l’identité nationale et de l’immigration. Si l’on rajoute à cela, les interdictions de manifester, les fichages systématiques ( mineurs compris ) et les prélèvements d’A.D.N, force est de constater que la Corse subit une situation d’exception. Le pari fait par le pouvoir en place est de soumettre le Peuple Corse et toutes celles et ceux qui s’en revendiquent. Le silence des partis traditionnels, que ce soit en matière de répression ou de privation des libertés, est de fait, une collaboration aux politiques actuelles.
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