| DEFENSE DU
SERVICE PUBLIC DE SANTE
17-06-2009
Les professionnels de santé alertent depuis de nombreux mois sur la situation du système de santé en Corse. Le service de santé publique est menacé et ses usagers sont objectivement dans une situation de mise en danger car dans les faits les équipes soignantes n'ont plus les moyens de garantir l'équité et la qualité des soins dans l'exercice de leur mission. Les déficits structurels des hopitaux de Bastia et d'Aiacciu sont connus, sans parler des conditions d'existence de l'Hôpital de Bunifaziu et de l'AMU de Calvi. Les usagers payent une triple addition ; celle de la libéralisation des services de santé, de gestions clientélistes irresponsables et d'un choix de société orientée vers le tout tourisme.
A Manca rappelle un principe fondamental, pour nous la notion de rentabilité est absolument incompatible avec la notion de soin. Si l'on comprend et admet la lutte contre le gaspillage de ressources il est inacceptable de vouloir rentabiliser un service de soin. On ne rentabilisera jamais un cancer. C'est pourtant bien cette philosophie de gestion d'entreprise qui a été introduite dans notre système de santé par le système de 'tarification à l'activité' qui a déjà provoqué une catastrophe sanitaire en Angleterre dans les années 90. Elle vise en réalité à démanteler et privatiser les services de santé aux profit d'intérêts privés .
En Corse cette situation a été aggravée par une instrumentalisation clientéliste des établissements de santé, réservoirs d'emplois et donc réservoirs électoraux. De plus les zones touristiques comme la Balagne et l'extrême sud sont appréhendées en fonction des seuls besoins des flux touristiques estivaux et non des besoins réels des populations résidentes à l'année. Dans les deux cas de figure, ce sont les responsables de tels choix politiques qui doivent être sanctionnés, et non les usagers et les salariés du secteur de santé. A manca apporte son soutien aux démarches unitaires actuelles qui organisent la résistance.
Les solutions existent pour sauvegarder et améliorer le service public de santé en Corse, si l'Etat si prompt à aider les banquiers avec l'argent publique se doit de réparer ses erreurs, des dispositifs de financement existent également au niveau européen ( G.E.C.T ). Il ne s'agit que d'un problème de volonté politique pour un autre choix de société, à la mobilisation populaire de l'imposer, en Corse comme ailleurs.
a MANCA |