Résolutions issues du congrès
Notre mouvement a tenu très récemment son deuxième congrès. Cette conférence de presse aura donc comme objet de rendre publiques les conclusions de nos travaux. Par ailleurs l’actualité nous porte a faire connaître nos positions au regard des propositions gouvernementales et des réponses faites par l’Assemblée de Corse. Mais nous entamerons cette prise de parole par une intervention concernant la question des transports maritimes.
Transports maritimes.
Comme vous le savez notre mouvement est intégralement partie prenante d’un collectif dont le but central est de promouvoir la création d’une compagnie maritime régionale de service public. Ce collectif a tenu plusieurs réunions et rencontré des élus territoriaux. Trois grands points unanimement avancés par les organisations qui composent cette démarche ont donc été largement proposés.
Permettez nous de les rappeler brièvement ici :
1°) – Création d’une compagnie régionale de service public.
2°) – Demande de dérogation adressée aux instances européennes et ce au regard des lois et décrets existants.
3°) – Modification des articles 73, 74 et 78, articles qui fixent et limitent les compétences de la collectivité territoriale et ce afin de doter cette dernière des moyens de maîtrise dans le cadre de la politique des transports maritimes de service public.
Les réponses faites par l’Assemblée de Corse ne vont pas du tout dans ce sens puisqu’elles se situent sans ambiguïté aucune " en conformité avec la réglementation en vigueur " comme le souligne un document soumis au vote par le conseil exécutif et adopté par l’Assemblée (28 voix pour, 10 voix contre, 8 abstentions). En effet en se pliant au strict respect des réglementations on en vient à laisser la déréglementation et la libre concurrence s’instaurer, axes centraux imposés par la commission de Bruxelles et entérinés par ce gouvernement. Gouvernement au sein duquel siège, pour mémoire, un ministre des transports issu des rangs du Parti Communiste Français.
C’est donc une agression majeure qui se prépare et le tout à l’heure ou l’on voudrait faire croire à notre peuple qu’il est en mesure de maîtriser son avenir. La privatisation des transports maritimes qu’elle s’exerce en livrant les lignes à des opérateurs divers ou qu’elle se traduise par des opérations d’affermage, aurait comme conséquences, un séisme social d’ampleur inégalée en même temps qu’une entrave faite au peuple Corse en terme de contrôle et de choix sur sa propre destinée. La solution vitale ne passe certainement pas par la défense d’une direction de la SNCM qui ne s’est jamais vraiment souciée des intérêts de la Corse et qui a profité de l’argent public pour mener des politiques qui, dans les faits, ont accru notre dépendance économique.
Seule une Compagnie Régionale de Service Public est à même de répondre à la satisfaction des besoins des usagers en garantissant aux personnels la pérennisation de leurs emplois. Nous n’avons eu de cesse que de proposer depuis des années la création d’une société d’économie mixte (SEM) majoritairement dotée de fonds en provenance de l’enveloppe aujourd’hui affectée à la continuité territoriale et dont le conseil d’administration devrait être composé de représentants des collectivités, des personnels, de gestionnaires et techniciens des transports et bien évidemment de représentants des usagers. Les moyens matériels et humains et financiers existent mais il manque une vraie volonté politique.Phénomène qui ne nous étonne pas de la part d’élus et de responsables qui continuent d’user de méthodes clanistes ou de représentants convertis à l’ultra-libéralisme. Ces derniers qui envisagent aussi de mettre à mal la " loi littoral " afin de laisser se développer plus encore la spéculation immobilière en privatisant nos espaces collectifs et ce dans le cadre d’une politique basée uniquement sur le tout tourisme.
Nous appelons donc les marins et les usagers et l’ensemble des patriotes à une mobilisation d’ampleur car il en va de la vie de notre pays et de notre avenir individuel et collectif.
Analyses et commentaire des textes adoptés lors du deuxième congrès.
La situation de l’heure est marquée par les projets gouvernementaux, perspectives qui semblent recueillir encore pour l’heure l’assentiment d’une majorité au sein de la classe politique insulaire. En ce qui nous concerne il est clair que nous ne saurions nous satisfaire d’un projet qui consacre l’ultra-libéralisme en même temps qu’un assujettissement habilement maintenu. Comment peut-on raisonnablement croire que l’anéantissement de la " loi littoral " puisse être une réponse à la satisfaction de nos intérêts collectifs ? À qui, si ce n’est à une classe sociale déjà particulièrement choyée, profiteront les dispositions prévues en matière de fiscalité ? Ou sont les éléments constitutifs de réels pouvoirs politiques quand on nous dit qu’une possibilité limitée et sous tutelle verrait le jour aux alentours des années 2004 ?
Face à ce catalogue régionaliste et libéral force est de constater que le compte n’y est pas. Nous laisserons de côté les critiques érronées de M Chevènement, qui par ailleurs devrait mieux lire les propositions gouvernementales, car sur le fond, rien des rapports qui lient la Corse à l’État Français n’est remis en question.
Sur le fond comme sur la forme ce processus est extrèmement négatif et ce n’est certainement pas la démocratie qui en ressort renforcée. En effet, à aucun moment le peuple Corse n’a été consulté. Rappelons quand même que les dernières élections régionales n’ont pas eu pour fonction de rechercher une majorité favorable aux desseins gouvernementaux et que l’on est légitimement en droit de se demander, ou et comment les élus de la Région ont été mandaté pour traiter des attendus du processus dit de Matignon ?
Le Premier Ministre et ses conseillers ont tout simplement concocté un plan destiné à gagner un peu de temps afin de passer le cap des prochaines présidentielles tout en octroyant pour se faire encore un peu plus d’avantages et de latitude à une classe sociale largement représentée par des formations néo- clanistes.
Nous ne sommes pas des partisans du tout ou rien et nous ne déplorons que trop l’état dans lequel végète notre pays pour ne pas être les premiers convaincus de l’urgence de la situation. La recherche d’une solution politique ne passe donc pas par des bricolages institutionnels à la seul satisfaction d’intérêts catégoriels et privés. La première étape aurait donc du se dérouler en plaçant la question du droit à l’autodétermination au centre des préoccupations. Cela aurait correspondu alors à des exigences démocratiques et politiques dignes de ce nom. Il n’en est malheureusement rien.
Aussi sommes nous convaincus que le chemin des luttes publiques à venir sera long et ardu. Parce que nous ne faisons pas du nationalisme un horizon indépassable, nous appelons les patriotes et les vrais démocrates à s’engager afin que nous puissions exercer pleinement tous nos droits. Cela concerne les inorganisés éloignés des terrains de lutte après des années de terribles involutions, cela concerne aussi celles et ceux déjà engagés sur le terrains des luttes sociales et envirronementales, mais également notre jeunesse à l’avenir gravement compromis. Toutes les luttes publiques à venir permettront à toutes et à tous d’aboutir à cette auto-organisation porteuse de tous les espoirs.
Notre appel au renforcement de la gauche patriotique s’adresse donc à l’ensemble du monde du travail, de la vie associative et syndicale. L’offensive régionaliste et ultra-libérale doit et peut être contrée, il en va de notre avenir commun.