Interview accordée au journal La Corse Le message de A Manca Naziunale Jean-Toussaint Plasenzotti : " Une politique au service des intérêts populaires" |
Ils sont en lice sous leurs propres couleurs. Affichant un nationalisme de gauche, cette liste veut conjuguer une réalité et une nécessité. Le combat est rude. Il n'en est que plus noble. Issus du peuple au sens propre du terme, ce mouvement conjugue corsisme et monde du travail. Une politique au service des intérêts populaires. - Quelles sont les concepts et démarches qui vous différencient des autres mouvements nationalistes ? Jean-Toussaint PLASENZOTTI : Nous sommes de gauche, c'est déjà tout un programme. Jean-Toussaint Plasenzotti : Si nous considérons que la nation est une idée vivante et actuelle elle ne constitue par pour nous une fin en soi. Elle est un moyen d'organisation des hommes et des femmes d'un pays qui a une histoire et une culture auquel il s'identifie. Mais si cette organisation sociale ne se fait pas d'abord en fonction des intérêts du plus grand nombre, c'est-à-dire de ceux constituent le monde du travail alors elle pourrait devenir un nouveau moyen d'oppression... - Pouvez-vous expliquer la conjugaison d'une force nationaliste qui se déclare ancrée à gauche ? J-T.P. Nous ne nous identifions pas sous le terme de "nationaliste" qui nous parait être une idéologie en soi et pas forcément une idéologie progressiste. Pour nous, la nation corse est une réalité, cette réalité est complexe et elle n'est pas aboutie, mais c'est une question de temps. Etre de gauche est pour nous une nécessité primordiale car si sommes attachés à notre pays, nous sommes attachés tout autant aux hommes et aux femmes qui y vivent. Et en premier lieu à la classe sociale dont nous sommes issus, ce que nous appelons le peuple. - A vos yeux, pour quelles raisons les tentatives d'union se sont soldées par un échec ? J-T.P. Nous considérons pas le pluralisme comme un échec. Nous avons fait des efforts pour aller à l'essentiel tout en sauvegardant notre identité, il faut croire que c'était trop tôt. "L'espoir peut et doit devenir une réalité" - Oui' mais l'accord n'a pû être scellé. Pourquoi ? J-T.P. Il ne faut pas cacher qu'il y a des différences d'appréciation et d'analyse importantes entre A Manca Naziunale et certaines organisation. Ces élections seront de nature à clarifier les positions des uns et des autres. - Votre campagne sera-telle axée sur la proximité et quel en sera le message principal ? J-T.P. Nous vivons avec notre peuple en permanence. Mais il est vrai qu'une élection est une formidable caisse de résonance. Notre message est limpide. Nous sommes pour une politique au service des intérêts populaires. |
- Comment cela peut-il se matérialiser ? J T.P. Par un renforcement des services publiques socialement utiles, tels la santé, l'éducation, le logement, voire le service public de proximité pour conforter les liens sociaux dans le quartiers et les villages. Parallèlement il conviendra d'établir une véritable charte préalable à tout plan de développement. Une langue corse vivante pour un peuple vivant. Un espace naturel, conjuguant le littoral, les forêts communales et domaniales, et l'espace maritime, considéré comme patrimoine inaliénable de tous les Corses d'aujourd'hui et de demain. - Comment envisagez vous la Corse au lendemain du scrutin et quelles sont les perspectives politiques, sociales et culturelles que vous souhaitez voir mises en uvre ? J-T.P. Le résultat de ces élections vont peser sur les rapports de force futurs. Un immense chantier nous attend, il faut un véritable projet mobilisateur pour notre peuple. Ce projet doit être porté par ceux qui ont le plus intérêt a une transformation des structures économiques et politiques de notre pays. C'est à ceux qui travaillent, à ceux qui portent à bout de bras la Corse, à prendre la direction des opérations. Il faut qu'ils s'en persuadent pour que l'espoir d'un changement devienne réalité. "Une droite prédatrice, une gauche jouant les dames patronnesses" - Quel grief fondamental adressez-vous à la classe politique insulaireo? J-T.P. De ne jamais rendre compte de ses actes et de sa gestion. La droite se comporte en véritable prédatrice et voilà qu'elle se lie de plus en plus avec les "secteurs obscurs de la société corse. La pseudo gauche s'occupe de jouer l'éternel opposant sang s'attaquer à l'essentiel des injustices sociales. Sa politique consiste à jouer les dames patronnesses et à faire les mêmes promesses... - A Manca Naziunale parait avoir une démarche utopique. Comment traduire ces principes en facteur d'adhésion politique ? J-T.P. Les utopistes ce sont ceux qui veulent laisser croire que c'est en continuant la politique actuelle de négation de nos droits fondamentaux (droits nationaux et droits sociaux) que l'on arrivera à régler les problèmes. Cette politique de gestion à la petite semaine, voir de soutien à quelques catégories sociales laisse sur le bord de la route des milliers de personnes privées de perspectives d'avenir, matérialisés par l'absence de travail, le manque de loisirs et de santé digne de ce nom. "Vision historique" - Comment briser ce processus néfaste ? J-T.P. Il faut à notre pays une véritable politique, il faut pour cela avoir une vision historique et une grande ambition pour notre peuple Il faut que celui-ci se mobilise, reprenne confiance dans ces capacités, dans sa créativité pour enfin bâtir sereinement son avenir. Nous travaillerons à tout cela dès le lendemain des élections.
Propos recueillis par Jean POLETTI |