Pour une compagnie régionale maritime de service public, premier pas en direction d'une future compagnie nationale Corse.

L'agitation soudaine de l'Assemblée Territoriale au moins en ce qui concerne la question de l'avenir des transports maritimes laisserait à penser que la précipitation et le bricolage sont devenus des méthodes de gouvernements, dans les faits, il n'en est rien... Le précédent dossier traité par les élus territoriaux, (qui se terminera par le démantèlement de la CCM) prouve que ces derniers ont appliqué à la lettre les ordres du super État Européen en construction. Tous savent désormais que la commission de Bruxelles exige l'ouverture à la concurrence des lignes maritimes et donc la privatisation à moyen terme de la SNCM, ou sa disparition pure et simple.

À l'heure où l'avenir de notre pays se discute sous les lambris des salons parisiens, c'est encore un pan entier du service public qui se voit gravement menacé et c'est également la perspective d'une vraie souveraineté qui s'estompe. Sans parler évidemment du séisme social et des menaces aggravées sur l'environnement. Les dernières catastrophes maritimes devraient pourtant nous inciter à la plus grande vigilance, car il est incontestable que ce libéralisme qui prédomine dans le secteur des transports maritimes en est la cause principale. La guerre commerciale et les exigences du marché sont des phénomènes parfaitement identifiés, phénomènes qui se traduisent par une exploitation éhontée de la main d'œuvre et un viol permanent des règles de sécurité via l'utilisation maximale de moyens de transport, par ailleurs plus que vétustes.

Les enjeux sont clairs et ils concernent de tous les points de vue, l'ensemble de notre collectivité. Il serait donc tout à fait inacceptable d'imposer à tout un peuple des orientations et des choix sur lesquels il n'aurait pas été consulté. C'est donc à une véritable tentative d'agression contre nos intérêts collectifs à laquelle nous sommes confrontés.

POUR UN SERVICE PUBLIC SOCIALEMENT UTILE

Lors des deux dernières élections régionales nous avions inscrit dans notre programme non seulement la question centrale d'un service public socialement utile, mais également la renégociation des principes de l'édification de l'ensemble Européen. C'est pourquoi notre mouvement a pu répondre favorablement à l'initiative de la section des marins du STC, dans un premier temps afin de procéder à un état des lieux, et dans une deuxième phase afin de constituer d'un collectif conçu pour promouvoir une compagnie maritime régionale de service public. 

Nos propositions sur les courts et moyens termes ont été et sont toujours les suivantes :

- Création d'une compagnie maritime régionale de service public dont le futur conseil d'administration devrait comprendre des représentants des personnels et des usagers.

- Rapatriement des sièges sociaux

- Affectation des moyens matériels existants à la future compagnie.

- Maintien de tous les emplois et augmentation des effectifs afin de répondre aux besoins en terme de sécurité et en termes de conditions de travail (ex : NGV)

- Maintien de l'enveloppe dite de continuité territoriale et affectation de celle-ci à la seule compagnie de service public

- Création en Corse des unités techniques nécessaires à l'entretien de la flotte.

- À plus longue échéance, la future compagnie se devra d'envisager un redéploiement de ses activités sur l'ensemble méditerranéen.

Le collectif portera donc dans ses démarches, des revendications précises t'elle qu'une demande de dérogation, mais cela nous conduit à formuler plusieurs remarques.

1°) - Force est de constater que cela ce fera en lieu et place d'une représentation politique totalement aux ordres des pouvoirs Français ou Européens.

2°) - Les obstacles de l'heure sont également le fait des successives directions de la SNCM, qui ont opté depuis des lustres pour des choix et des moyens qui n'ont jamais pris en compte les intérêts de notre pays.

3°) - Il est tout aussi vrai d'affirmer que cela découlait principalement de l'attitude du pouvoir central.

4°) Et enfin que sont présents et très actifs dans les débats de véritables " lobbies " hostiles au droit de grève, où se côtoient par ailleurs les partisans du tout tourisme et des spéculateurs, tous également empressés de mettre à mal la loi " littoral ". 

Pour notre part la réponse mêle indissolublement les aspects patriotiques et sociaux et nous ferons tout notre possible afin que se développe une forte mobilisation populaire, car la question des transports en général reste et demeure une question éminemment politique. La bataille qui s'engage obligera les mouvements politiques à dévoiler enfin, les divers projets de société dont ils sont promoteurs.