Résolution politique de rentrée

Tout était prévisible. On ne peut donc invoquer la fatalité s'agissant des drames humains et des catastrophes qui régulièrement frappent notre pays. Des sociétés ou les expédients de diverses natures l'emportent sur l'effort, des sociétés ou l'individualisme forcené prime sur la vie en communauté, des sociétés ou le culte du plus fort produit son lot d'exclus, des sociétés bâties sur de tels modèles ne peuvent produire autre chose que ce que nous subissons. Face à ce terrible constat la démagogie consisterait à désigner la seule responsabilité de "l'ennemi extérieur" au détriment même d'une réalité aveuglante, réalité qui veut que, par le feu, le fer et le sang des Corses, femmes et hommes de notre terre, se rendent coupables des pires exactions. Certes, un attentif examen de notre histoire permet de mettre en exergue les mécanismes encore en fonction. Le clanisme ancestral est en pleine mutation, mais il est toujours cet instrument de domination, outil de prédilection des castes dominantes. Si les moyens traditionnels (emplois administratifs et pensions indues) viennent à décroître, reste cependant la protection dont peuvent encore user et abuser les chefs de clan. L'impunité ainsi offerte, permet à l'incendiaire de perpétrer ses forfaits et d'envisager les prochains. Ce petit jeu des dépendances mutuelles a des conséquences y compris sur le champ politique. Et cela est d'autant plus vrai en pleine période électorale ou comme c'est actuellement le cas, à l'heure ou s'échafaudent (sans l'avis du peuple) des projets d'avenir. Cette totale absence de démocratie véritable autorise dès lors toutes les dérives avec à terme l'intronisation d'hommes politiques débarrassés de tous scrupules.

Cette situation éloigne des centres de décisions celles et ceux dont l'avis devraient pourtant prévaloir. Les violences exercées n'ont d'autres fonctions que d'assurer à une poignée la main mise sur toute une société. Elles n'ont donc aucune légitimité populaire car elles ne sont en aucun cas fondées sur une notion de défense des libertés et encore moins de préservation du bien commun.
Les patriotes de gauche de A Manca Naziunale réaffirment avec force leur attachement aux principes, énoncés avant, pendant et après Migliacciaru ; principe d’imprescriptibilité des crimes de sang appliqués aux auteurs et aux commanditaires, ainsi qu’au rejet total et définitif de la peine de mort. Car il n’y aura jamais de démocratie sans justice. Nous attendons une prise de conscience de ceux qui se déclarent soucieux des intérêts vitaux du peuple corse.

Les accords de Matignon et la manière dont ils sont imposés ne sont pas une garantie pour la Corse. La situation de notre pays est plus que jamais difficile et le gouvernement français en porte une lourde responsabilité, en permettant la perpétuation du pouvoir claniste et de ses pratiques mafieuses. A Manca Naziunale se bat pour une véritable solution politique qui passe par le droit à l’autodétermination. Le droit à l’autodétermination, c’est le droit donné au peuple corse d’accéder aux moyens économiques, culturels et politiques et donc d’exercer son pouvoir de décision en toute liberté. Nous en sommes pour le moment très loin. Les accords de matignon sans destruction des fondements du clanisme signifie en fait une O.P.A du clan sur la Corse.

Il appartient donc aux vrais démocrates, aux nationalistes et aux patriotes sincères de soutenir un véritable processus d'autodétermination tout en combattant publiquement le clanisme, en refusant aux armées privées toute légitimité et en exigeant de l'État l'arrêt définitif des pratiques de ses services plus ou moins occultes. A Manca naziunale continuera à œuvrer dans le sens des intérêts populaires avec tous ceux qui souhaitent une véritable solution politique et sociale pour la nation corse.