Interview accordée par Dumenicu SUSINI

au quotidien Corse-Matin le 7juin 2002

1/ Votre positionnement a souvent été aux côtés du combat environnemental. Est ce l’une de vos priorités, l’une des dix raisons de vous élire ?


C'est une préoccupation permanente pour notre mouvement et de plus je vis nos espaces naturels au quotidien, par choix professionnel en tant qu'agriculteur mais aussi en tant que passionné de montagne. Ce que nous voulons, c'est de continuer de partager collectivement la mer, nos plages et tous nos espaces. Une des raisons de voter pour nous c'est qu'en effet nous refusons la privatisation de notre pays, nous avons été de toutes les mobilisations pour la défense de notre patrimoine naturel et nous continuerons encore demain. Ce sera aussi une manière de mettre en échec ceux qui souhaitent s'emparer de la Corse comme on peut le faire d'un marché juteux. Nous sommes sur que les Corses sont conscients des dangers de l'heure et de la provenance exacte des capitaux détenus par une poignée de personnes.


2 / Comment situez vous une Corse du progrès dans l’enceinte européenne, grande absente de cette campagne ?


La construction européenne ne doit plus se faire sur les bases actuelles. Ce n'est pas de l'Europe du libéralisme, de la déréglementation et de la concurrence à outrance dont la Corse a besoin mais d'un espace de solidarité, de justice sociale et de démocratie. Il faut que nous puissions être en mesure de renégocier les traités en vigueur dont celui d'Amsterdam. Un progrès significatif voudrait que les décisions soient prises par les premiers concernés et que l'on arrête, par exemple, la privatisation des transports. La prise en compte de l'espace Méditerranéen dans l'ensemble Européen est indispensable, nous y travaillons déjà en popularisant le concept d'Assemblée des Peuples de la Méditerranée.


3 / Comment voyez vous, lors de cette campagne législative d’enjeu national, l’influence sur le scrutin à venir d’à la fois un pourcentage de voix d’extrême droite, et d’une faible participation à ces scrutins ?


Ce n'est pas en votant pour un mouvement fascisant que celles et ceux qui désespèrent des politiques de la pseudo gauche ou de la droite auront un avenir. Ce n'est pas non plus en s'abstenant que l'on battra les clans. Nous concentrons nos efforts sur la Corse en proposant l'édification d'une Assemblée Nationale Provisoire élue au suffrage universel et à la proportionnelle intégrale. Si le peuple Corse ne veut plus être pris en otage par les enjeux franco-français, c'est cette voie qu'il lui faut choisir.


4 / Comment expliquer que le mouvement national puisse briguer un mandat si centralisé à Paris ?


Pour notre part les choses sont claires et simples. Cette élection peut être celle de la défaite des clans et de la droite. C'est un terrain de lutte parmi d'autres ou les voix des patriotes, du monde du travail doivent se faire entendre. Élus députés nous exigerons l'ouverture d'un processus de mise hors tutelle, la mise en œuvre d'un plan d'urgence social, l'enseignement obligatoire du Corse et bien sur l'application concrète du droit à l'autodétermination. Tout cela ne dépend que de la volonté populaire pendant et en dehors des périodes électorales.
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