| Interview accordée par Ghjuvanni
LEFEVRE au quotidien Corse-Matin le 5 juin 2002 1 / Vous parlez de langue du pain et de culture du partage mais aussi de technologie moderne et d'Europe du progrès. Comment votre discours est-il ressenti ? Celles et ceux qui n'ont que leur travail pour vivre ou qui sont au chômage et qui vivent donc la précarité au quotidien entendent parfaitement notre discours car nous sommes du même monde, du monde du travail et nous sommes du même peuple, un peuple en danger de disparition. 2 /
Finalement votre discours d'aujourd'hui ressemble beaucoup à
celui des débuts du mouvement nationaliste, il y a plus de
vingt ans. N'avez-vous pas D'autres ont beaucoup changé. Pour nous qui voyons que le capitalisme et les clans continuent de ruiner notre terre, tout reste à faire. L'exploitation n'a toujours pas disparue et l'injustice sociale fait des ravages dans les têtes mais aussi sur les corps. Le Peuple Corse est toujours nié en tant qu'acteur de sa propre histoire. Bien au contraire notre discours est en phase avec l'actualité. Nous n'avons toujours pas enfilé de costume pour faire plus politiquement correct et nous ne faisons toujours pas de racolage électoraliste. A Manca Naziunale est composée de femmes et d'hommes qui bien que plus jeunes que moi partagent toujours cette même détermination et une volonté intacte afin de débarrasser la Corse de toutes les formes d'exploitation. 3 / Dans cette circonscription éminemment rurale, mais aussi très touristique, quelles sont pour vous les problèmes prioritaires? Mettre un terme à la politique du tout tourisme. Stopper la
privatisation des transports et renforcer le service public socialement
utile en créant de véritables unités
sanitaires et sociales. Favoriser la production agricole afin de
répondre au besoin du marché
intérieur, hiver comme été et affecter
prioritairement les investissements structurels aux zones rurales. 4 / Au mot nationaliste vous préférez aujourd'hui celui de patriote. Pourquoi ? Ce n'est pas simplement en hissant la Bandera en haut d'un mat que nous changerons les choses. La libération nationale passera par la libération sociale. Notre horizon c'est de changer fondamentalement la société en faisant en sorte que le monde du travail soit au centre du processus. 5 / A manca naziunale parle de démocratie participative, d'autogestion. Ces notions ont-elles leur place dans la Corse d'aujourd'hui Ces notions sont vitales car elles signifient une rupture avec un système toujours plus prédateur. Elles remettent l'économie au service de l'homme. Elles permettent enfin de maîtriser individuellement notre quotidien. Ce sont ces concepts qui sont les plus réalistes. En votant pour notre programme les Corses voteront vraiment utile. |