Interview accordée par Didier RAMELET
au quotidien Corse-Matin le 3 juin 2002

1/ Y-a-t-il de la place dans cette élection nationale pour trois courants nationalistes ?

A Manca Naziunale est un mouvement patriotique de gauche. Ces législatives doivent permettre à notre peuple de débattre de nos propositions et de les valider par leur vote. C’est au niveau des principes politiques et des choix de société que les électeurs s’y retrouveront. Ceux qui veulent réduire le choix démocratique des citoyens tentent de nous imposer le règne de la pensée unique, c’est un hold-up des sgiò sur la démocratie.

2/ Qu'est-ce qui vous différencie des autres ?

Nous lions le droit à l’autodétermination à un véritable projet de société, et c’est en ces termes que les patriotes doivent aussi se positionner.
Contrairement à d’autres, nous ne disons pas ni droite, ni gauche, et à l’opposé de certaines mouvances nous sommes contre la privatisation des transports publics, pour la loi littoral, et la défense desespaces naturels collectifs. Nous n’avons jamais soutenu un candidat libéral à une élection municipale, car notre démarche est clairement à gauche. Au sein d’A Manca Naziunale il n’y a pas de notables, seulement des travailleurs qui entendent défendre les intérêts du monde du travail, des jeunes, des retraités et de tous les exclus.

3/ Sur quels thèmes de votre campagne les gens sont les plus réceptifs ?

C’est notre opposition au Libéralisme et ses conséquences catastrophiques pour notre pays tant sur le plan social qu’environnemental, qui rencontre un écho important. Une bourgeoisie prédatrice, tente aujourd’hui de privatiser la Corse. Notre alternative au tout-tourisme c’est la construction d’une société ayant des services publics forts, une économie productive, des outils financiers publics spécifiques et une fiscalité qui redistribue plus équitablement les richesses. Notre programme est crédible et correspond véritablement aux intérêts populaires, car en tant que salarié(e)s, nous vivons la même réalité que l’immense majorité de notre peuple.

4/ Un résultat très moyen ne risque-t-il pas de dévaloriser votre mouvance ?

Un bon résultat électoral est une motivation supplémentaire, mais pas une fin en soi. Nous ne faisons pas de l’électoralisme, nous menons un travail de conviction pour transformer la société corse. Nous n’achetons pas les électeurs et ne leur promettons pas d’emplois bidons. Nous leur disons qu’une autre politique est possible en Corse, où tout le monde pourrait travailler librement et maitriser ses choix par le biais d'une démocratie participative. Cette autre façon de faire de la politique exige de notre part beaucoup plus de patience et de détermination, mais nous sommes convaincus que nos idées ne peuvent que progresser. Les clans et le néo-clan et les corsistes opportunistes ont les ressources financières pour gêner l’expression populaire et fausser le débat démocratique, mais ils ne pourront pas tromper indéfiniment le monde du travail, le peuple corse.