Matignon, Loi littoral, ANP
La phase n°1 du processus de Matignon s’est achevée par le vote des parlementaires français après des débats trop souvent fort éloignés de la situation politique corse. Nous savions pour notre part qu’il ne s’agissait dès le départ que d’un processus très éloigné de la recherche d’une véritable solution politique. Afin de s’attirer les bonnes grâces d’élus territoriaux issus par ailleurs de formations politiques qui lui sont d’ordinaire particulièrement hostiles, le Premier Ministre a donné en pâture la Loi Littoral, ouvrant la porte à toutes les tentatives de prédation de nos espaces naturels. Les dispositions en matière d’enseignement de la langue Corse ont été revues et corrigées à la baisse, pour ne déboucher que sur des vagues mesures qui ne répondent en rien aux exigences de celles et de ceux conscients des dangers mortels qui pèsent sur notre culture. Par ailleurs, à aucun moment n’ont été créé les conditions pour que s’instaure un véritable débat démocratique sur place et sous le contrôle permanent des premiers concernés : les Corses. Le processus de Matignon ne peut donc et en aucun cas être compris comme une amorce de solution politique. Il consacre en cela l’échec, non seulement de ce gouvernement et de l’ensemble de la représentation politique française, mais également l’échec d’une manœuvre qui se voulait contourner la question des droits fondamentaux du Peuple Corse. Pour autant, il faut se garder de croire que rien n’a changé. En effet, tout au long de ces derniers mois et avec encore plus de force lors des débats parlementaires, l’idée d’un développement basé sur le Tout Tourisme a été assénée et présentée comme la seule alternative. L’Europe découpée en zones, auxquelles une poignée de " décideurs " a décidé de conférer des rôles économiques et spécifiques. Le Sud Européen s’est ainsi vu attribuer des fonctions, dont une intéresse particulièrement notre pays : l’accueil de millions de touristes. Cette nouvelle division de l’organisation du travail, arbitrairement échafaudée, au niveau européen, s’inscrit dans le cadre d’une globalisation aujourd’hui de plus en plus massivement contestée. U Muvimentu di a Manca Naziunale a pour sa part et depuis des années opté pour l’édification d’une société débarrassée de toutes les formes d’exploitations. Ce projet politique est le seul qui soit en mesure de remettre l’économie au service des hommes dans le cadre d’une Corse souveraine. Le monde du travail, la jeunesse en tout premier lieu doivent s’inscrire résolument dans une perspective de changement de fonds. Cela se fera par le renforcement du courant patriotique de gauche et au travers des luttes et mobilisations en cours et à venir. La Loi " Littoral " : A ce titre le combat du Collectif pour la défense de la Loi Littoral, au sein duquel nous réaffirmons notre total engagement, est un exemple précieux pour toutes celles et ceux qui souhaitent bâtir une démocratie participative. Sur le fond également ce collectif pose la question essentielle de la maîtrise de nos espaces naturels de vie. Cette mobilisation publique légitimée tous les jours un peu plus par l’assentiment populaire atteste de la volonté d’un plus grand nombre de devenir des acteurs majeurs en dehors de toute forme d’hégémonie, tant il est vrai que la manière dont on lutte, préfigure aujourd’hui des choix du futur. Le problème de l’appropriation privée de notre patrimoine naturel (littoral, mer et montagne) est absolument central, dans la mesure où est posée la question des conditions d’existence de la communauté Corse. Nous l’avions soulevé lors de notre participation aux élections territoriales de 1999, en proposant aux organisations nationalistes un pacte de quatre points dont le 3ème était ainsi rédigé : " Maintien de la loi Littoral et affirmation définitive stipulant que le littoral et l’espace maritime sont considéré comme patrimoine inaliénable du peuple corse". Ce n’est donc pas à une classe politique rongée par les pratiques clanistes et soumise aux menées dangereuses de fractions néo-clanistes à qui il appartient de décider du sort de notre pays. En faisant barrage également aux spéculateurs de toutes origines, il nous faut collectivement opter pour une alternative socialement progressiste, seule perspective juste et réaliste pour la Corse. Une
véritable Solution Politique :
L’Assemblée Nationale Provisoire.
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