Communiqué Elections Assemblée de Corse



L’élection des représentants de la droite est l’aboutissement logique des premiers et deuxième tours. Cette accession au pouvoir est principalement due à deux données majeures.
La première tient à la réalité des formations qui se réclament de la gauche. Peut-on classer la liste de monsieur Giacobbi dans ce camp, alors que les faits de ces derniers jours démentent publiquement cet ancrage ? Mélange hétéroclite d’hommes et de femmes issus, soit de mouvements de droite, soit d’une des composantes du clan, ce montage purement électoraliste n’a pas résisté aux tractations destinées à reconduire dans ces fonctions, le président du conseil général de Haute-Corse. Voilà la réalité de cette prétendue « troisième voie en émergence».

Peut-on ranger à gauche messieurs Zuccarelli et Alfonsi, alors que ces derniers affirment, que l’orientation de leur campagne a largement convaincu, bien au-delà des sphères traditionnelles du PRG. Les votes enregistrés par messieurs Nicolas Alfonsi et Émile Zuccarelli, outre ceux d’un clanisme ordinaire, proviennent donc, et dans une large mesure, de la dynamique autrefois portée par l’association connue alors, sous le nom de « Corse Française et Républicaine ».
Il est donc erroné de parler d’un échec de l’union de la gauche. Si échec il y a, c’est celui d’un conglomérat sans principes, principalement regroupé autour du clan Radical. Les élus de « Corse Sociale Démocrate » et ceux de la liste, fortement inspirée par le Parti Communiste Français, ont donc fait le choix de soutenir au deuxième et dernier tour, une des personnalités qui incarne à la fois un clientélisme séculaire et un nationalisme propre aux émules de Jean-Pierre Chevènement.

La deuxième donnée, et non des moindres, tient aux votes exprimés par les élus de la liste nationaliste co-dirigée par Edmond Simeoni et Jean Guy Talamoni. Issue d’une union incarnée par les formations, Indipendenza, PNC, A Chjama, ANC et PSI, cette liste a par ailleurs bénéficié, entre les deux tours, du soutien officiel du mouvement, I Verdi Corsi. Les huit voix nationalistes se sont portées sur le chef de file de l’Ump, alors que ce dernier pouvait, sans ce renfort, l’emporter à la majorité relative, au troisième tour.

Cela a comme effet :
a) De favoriser l’accession au pouvoir, de deux des élus, messieurs Santini et Rocca Serra. qui ont fait le choix de soutenir « Air littoral », au détriment de la CCM.
b) De permettre le maintien aux affaires de monsieur Polverini, le « champion du non » et qui compte parmi les adversaires les plus déterminés de la « loi littoral ».
c) De conférer des responsabilités majeures, via le vote pour Camille de Rocca Serra, au parti de Sarkosy, parti de l’agression sociale et de la répression.
Ce choix délibéré doit plus à un ancrage ouvertement libéral, comme en témoigne le volet économique du programme de la liste nationaliste, que d’une politique dite : « de la main tendue ». Il appartient désormais à l’ensemble des formations présentes ou en soutien de la politique d’union des nationalistes d’assumer les conséquences politiques, économiques et sociales occasionnées par ces choix.

Beaucoup d’électeurs, de tous bords, auront donc vu leurs suffrages détournés. Le spectacle donné pendant ces quelques jours témoigne du peu d’intérêt porté à la démocratie et aux intérêts fondamentaux du plus grand nombre. Que cette coupable désinvolture soit le fait des formations traditionnelles ne surprendra personne. Par conte, les tenants d’une prétendue alternative qui se sont adonnés à de telles combinaisons, pourront-ils encore longtemps nier l’évidence ?

Une page est désormais tournée.


Elle ferme une période où le mouvement national contemporain est passé du socialisme original à un ancrage libéral, le tout sous le couvert d’un populisme qui ne dissimule désormais plus la nature droitière des directions nationalistes unifiées.

Cela donne à la gauche patriotique de nouvelles responsabilités, en fédérant toutes les énergies dans une démarche d’opposition sans faille au libéralisme, tout en prenant à bras le corps la question nationale, pour une Corse expurgée de toutes les formes de dominations et d’exploitations, débarrassée des dynasties clanistes et éloignée de toutes les tentations ethnicistes.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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